Décapage chimique par produit à base de solvants

Décapage chimique


Décapage chimique par produit à base de solvants Compte tenu des contraintes engendrées par l’utilisation de ce produit, cette technique est à réserver dans les cas où toutes les autres ne sont pas applicables.

Cette technique n’est efficace qu’en surface des supports. Dans le cas où l’objectif serait de supprimer le plomb en profondeur (ayant migré dans le plâtre par exemple), il conviendra d’utiliser une autre technique. Un carottage peut confirmer cette présence de plomb en profondeur.

Les produits à base de solvants contiennent généralement du chlorure de méthylène (ou dichlorométhane), associé ou non à d’autres solvants. Il ne faut pas les confondre avec les produits caustiques (voir fiche pratique n°6 Décapage chimique par produit caustique).

Avertissement

Un nouveau système européen de classification et d’étiquetage des produits chimiques mettant en œuvre le Système général harmonisé - SGH - élaboré au niveau international doit être adopté en 2009 ; il remplacera progressivement le système actuel. Pour en savoir plus, consulter le site de l’INRS www.inrs.fr


Techniques de traitement

  • Cette technique impose un grattage préalable des peintures s’écaillant, ce qui engendre une émission de poussières. Se référer à la fiche pratique n°3 Préparation de surface pour recouvrement, petits travaux divers.
  • Le produit sous forme de gel est appliqué à la brosse et recouvert par un film en polyéthylène pour éviter son dessèchement le temps qu’il dissolve les peintures. Ce film limite l’accessibilité au décapant pendant sa phase d’imprégnation et la dispersion des déchets sur le sol. La pâte (peinture et gel) ainsi formée est enlevée à l’aide d’un grattoir.
  • Un traitement en bains dans un atelier spécialisé doit être systématiquement envisagé pour les éléments démontables.

Risques particuliers

  • En cas d’inhalation, le chlorure de méthylène (ou dichlorométhane) peut entraîner des troubles de la vigilance, des vertiges, des maux de têtes. En outre, il est suspecté d’être cancérogène. Son contact avec la peau provoque des brûlures douloureuses. En cas de contact avec les yeux il y a un risque de détérioration de la cornée. Par ailleurs, le chlorure de méthylène passe facilement à travers la peau en provoquant les mêmes malaises que par inhalation. Il faut noter que peu de gants restent longtemps imperméables à ce produit.
  • Risques d’incendie et d’explosion.
  • Risque d’exposition aux poussières peu important.
  • Cette technique engendre une production importante de déchets. Elle nécessite le stockage des produits chimiques et des déchets dans un local inaccessible au public et aéré.

Mesures de prévention collective Avant les travaux

  • Demander au maître d’ouvrage la communication des résultats du contrôle initial d’empoussièrement surfacique sur le sol, afin de pouvoir les comparer avec ceux du contrôle réalisé en fin de chantier.
  • Etudier les fiches de données de sécurité et vérifier le conditionnement et l’étiquetage des produits.
  • Isoler la zone de travaux (si besoin à l’aide d’un film plastique) pour éviter tout contact avec les produits par des personnes non protégées et pour pouvoir mettre en œuvre une ventilation mécanique.
  • Poser un film plastique sur les sols difficiles à décontaminer, recouvrir hermétiquement les meubles non déplaçables.
  • Créer un sas permettant l’accès et la sortie de la zone contaminée (annexe B).
  • Si la douche d’hygiène n’est pas à proximité immédiate de la zone de travail, installer une douchette de secours, autonome ou sous pression du réseau, permettant d’intervenir immédiatement en cas de projections de produits chimiques.
  • Mettre des extincteurs à disposition dans la zone de travail (les salariés seront préalablement formés à leur utilisation).

Sont indiquées ci-après les mesures de prévention généralement préconisées, particulières à la technique choisie. Il conviendra d’y associer également les mesures décrites dans les fiches pratiques n°1 Organisation générale du chantier et n°2 Mesures d’hygiène générales.

Les mesures, tant particulières que générales, seront à adapter aux caractéristiques du chantier concerné en fonction de l’analyse des risques réalisée.


Pendant les travaux

  • Ventiler la zone de travaux pour assurer un renouvellement de l’air, de façon à éviter l’accumulation des vapeurs et empêcher l’atmosphère de devenir explosive.
  • Proscrire le transvasement des produits dans des récipients non prévus à cette effet ou non étiquetés correctement.
  • Pour supprimer les projections, appliquer le produit avec une brosse ; proscrire l’application au rouleau.
  • Ramasser régulièrement les déchets, les conditionner dans des sacs étanches et résistants aux produits concernés.
  • Evacuer les sacs de déchets par le sas après dépollution par essuyage avec un chiffon humide ; stocker ces sacs dans un local inaccessible au public.
  • Stocker les produits chimiques dans un local inaccessible au public et aéré.

Mesures de prévention collectiveAprès les travaux

  • Réaliser un nettoyage complet des zones de travail et des accès.

Mesures de protection individuelle

  • Protection respiratoire, en fonction du niveau d’exposition : casque à ventilation assistée TH3 avec filtre A2P ou cagoule à adduction d’air (le confort apporté par la ventilation assistée et l’adduction d’air assure le port effectif de la protection respiratoire). Voir les conditions d’emploi à l’annexe E.
  • Ecran facial si la protection respiratoire ne protège pas complètement le visage.
  • Gants à manchettes résistants aux produits à base de solvants, en laminé 3 couches : polyéthylène/alcool vinyle polyéthylène/polyéthylène :
    - Surveiller l’état des gants, en particulier les éventuelles coupures ou dégradation de leur surface ; en cas de dommage ou de doute, les remplacer.
  • Combinaison jetable type 6 (annexe D).
  • Articles chaussants de sécurité.