Risques liées au plomb

Risques liées au plomb


Risques liées au plomb

Le plomb peut pénétrer dans l’organisme par le nez (poussières, fumées) ou la bouche (mains sales, aliments souillés). En revanche, il ne passe pas à travers la peau. Il provoque des maladies graves en s’accumulant dans l’organisme, en particulier dans les os, où il peut rester plusieurs dizaines d’années. Il s’élimine très lentement. Le saturnisme aigu touchait autrefois principalement les mineurs et ouvriers de la métallurgie du plomb, ceux qui utilisaient de la vaisselle de plomb, et les ouvriers sertissant au plomb les vitraux. Mais avec l’avènement de la peinture au plomb (peintures anti-rouille), et l’essence plombée, le saturnisme est devenu très courant aux XIXe siècle et XXe siècle. C’est une des six premières maladies à avoir été déclarée maladie professionnelle en octobre 1919.


Les effets du plomb sont :
Au niveau du système nerveux : troubles de l’humeur et de la mémoire, détérioration des capacités intellectuelles, atteinte des nerfs moteurs périphériques ; au niveau des reins : perturbation des fonctions d’élimination, insuffisance rénale chronique ; au niveau du sang : diminution du nombre de globules rouges (anémie) ; au niveau du système digestif : coliques de plomb (douleurs abdominales) ; autres : hépatiques, endocriniens…


Le plomb peut également être responsable d’anomalies au niveau de la reproduction :

  • Chez la femme : effets sur la grossesse (avortement, accouchement prématuré…)
  • Chez l’homme : altération de la production des spermatozoïdes.

Les enfants sont particulièrement sensibles à l’intoxication par le plomb, qui peut se traduire par des effets sur le système nerveux central, d’autant plus importants que le sujet est jeune, avec des signes cliniques pouvant être graves (coma convulsif, troubles du comportement, retard mental…). Une mère ayant une forte quantité de plomb dans son organisme va en transmettre à son enfant durant la grossesse puis par le biais de l’allaitement, ce qui peut entraîner un retard du développement psychomoteur et mental de l’enfant. Le potentiel cancérogène du plomb est source de débats. Les rares études de cas sont insuffisantes pour emporter la conviction d’un rôle causal direct du plomb dans la genèse de certains cancers chez l’homme. Aucune méta-analyse des études épidémiologiques n’a pu conclure de façon définitive sur la cancérogénicité du plomb pour l’homme. Cependant, le plomb a des effets si divers et complexes au niveau moléculaire qu’il est difficile de l’exclure a priori de tout soupçon de participation à un ou des effets cancérogènes.


Lorsque l’intoxication est légère, les symptômes permettent rarement de conduire au diagnostic de saturnisme. C’est pourquoi il est nécessaire d’évaluer l’exposition dans les situations à risque par dosages dans l’atmosphère et suivi biologique des travailleurs notamment par le dosage de la plombémie. Avec l’augmentation du taux de plomb dans l’organisme, les symptômes suivants apparaissent :

  • Nausées, vomissements, diarrhées/constipation, maux de tête, avec fréquente perte d’appétit et de poids ;
  • Apparition d’un goût métallique dans la cavité buccale, éventuellement suivi dans les cas d’intoxication forte d’apparition d’un liseré grisâtre ou bleuâtre sur les gencives, dit "« liseré de Burton »" (très rare chez le jeune enfant, plus fréquent chez l’adulte gravement intoxiqué).
  • Douleurs abdominales (dites « coliques de plomb ») ;
  • Troubles neurologiques, avec réduction des capacités cognitives surtout chez l’enfant (difficulté de concentration, trouble de la mémoire), fatigue et comportement léthargique ou au contraire hyperactivité ;
  • Irritabilité ; c’est un symptôme qui a d’abord été constaté en milieu scolaire chez les enfants des régions ou familles exposées. Mais certains auteurs estiment qu’il a été sous-estimé chez l’adulte.
  • Insomnie ;
  • Retard de développement mental chez l’enfant, avec séquelles irréversibles si l’intoxication a concerné l’embryon, le fœtus ou le jeune enfant ;
  • Troubles psychomoteurs : Le plomb affecte les systèmes nerveux central et périphérique, d’abord de manière totalement indolore. Un des premiers signes d’atteinte périphérique (neuropathie chronique) étant une faiblesse des muscles extenseurs de la main (qui apparaît après quelques semaines d’exposition). Si l’exposition perdure ou est élevée, des douleurs articulaires apparaissent, puis une Paralysie éventuelle des membres ;
  • Anémie
  • Dysfonctionnement des reins ;
  • Hypertension artérielle ;
  • Stérilité masculine ;
  • Perte auditive ;
  • Hyperuricémie (accumulation d’acide urique suite à une excrétion insuffisante dans l’urine ) ;
  • Cancers (induit par certaines formes chimiques du plomb) ;
  • Coma puis mort, généralement provoquée par une encéphalite