Dépose de l’amiante non-friable

Dépose de l’amiante non-friable


DEPOSE DE L’AMIANTE NON-FRIABLE

Dépose manuelle par procédé humide
Cette technique est privilégiée dans tous les cas où les risques électriques sont nuls. La méthodologie consiste à saturer sans excès, sous risque de surplus d’eau à aspirer et à décontaminer avant rejet, le matériau non friable en place sur les supports avec de l’eau et/ou fixateur. La méthodologie consiste à saturer sans excès, sous risque de surplus d’eau à aspirer et à décontaminer avant rejet, le matériau non friable en place sur les supports avec de l’eau et/ou fixateur. Le support mis à nu est nettoyé et aspiré, il recevra, après le contrôle, un traitement au produit mouillant (surfactage) afin de neutraliser d’éventuelles fibres résiduelles.

Dépose manuelle par voie sèche
La technique de l’enlèvement à sec vise à retirer le matériau amiante non friable des surfaces à l’état sec, sans utiliser d’eau pour réduire les émissions de poussières. Si toute autre méthode de retrait d’amiante n’est pas possible, cette technique est alors utilisée en dernier recours.

Dépose manuelle par sac à manche ou boite à gants
Cette technique n’est utilisée que pour les très petites surfaces (tailles de la surface d’un sac à manche ou boite à gants).


Mode opératoire et règles de protection

  • Préciser dans le PRC les procédures d’intervention et les règles de protection mises en oeuvre.
  • Baliser la zone de travail.

RETRAIT DES REVÊTEMENTS DE SOLS COLLÉS EN VINYLE AMIANTE
D’importantes surfaces de revêtement de sols en dalles collées ou en lés, collés ou non, en matières plastiques vinyliques armées de fibres d’amiante ont été mises en place en France. Ces matériaux ont été fixés à l’aide de différents produits de collage dont certains, notamment des produits noirs à base de bitume, pouvaient éventuellement contenir de l’amiante. Des revêtements vinyliques en lés ont également été mis en œuvre sur des sous-faces en feutre d’amiante. Dans le cas de la réhabilitation des sols d’un local, il est conseillé d’éviter de recouvrir ces revêtements contenant de l’amiante par un autre matériau lorsque les anciens revêtements risquent de présenter dans le temps des défauts d’adhérence et nuire à la bonne tenue de l’ensemble. Si ces matériaux sont maintenus en place et recouverts par un autre revêtement, il est impératif de conserver la trace de sa présence dans le dossier technique, afin d’en tenir compte lors d’interventions ultérieures sur les sols.

Mode opératoire

Traditionnellement, ces matériaux de revêtement de sols sont déposés par grattage à sec à la spatule ; le retrait des éléments en vinyle-amiante selon ce mode opératoire aboutit généralement à un fractionnement important qui se traduit par un empoussièrement dans l’ambiance du local pouvant dépasser la valeur limite d’exposition professionnelle. Deux techniques alternatives permettent de réduire les émissions de poussières lors de la dépose des revêtements : le réchauffage avant l’enlèvement qui permet de ramollir la colle et de réduire le degré de fractionnement du matériau plastique et l’humidification par pulvérisation avec de l’eau additionnée d’un savon liquide ou encore avec un produit mouillant spécifique, lors de l’avancement du travail. Des machines sont destinées à l’enlèvement de ce type de revêtement de sols ; ces machines, qui réchauffent les dalles et captent les poussières, ne sont toutefois bien adaptées qu’aux travaux de retrait concernant des surfaces importantes, d’accès facile et dépourvues d’obstacles. Un guide de recommandations sur les différentes techniques de retrait des revêtements de sols pouvant contenir de l’amiante est édité par les professionnels du SFEC (Syndicat français des enducteurs, calandreurs et fabricants de revêtements de sols et murs). Par ailleurs, un guide technique de rénovation des sols recouverts de dalles et produits associés contenant de l’amiante est diffusé par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB).

Règles de prévention

  • Baliser la zone de travail.
  • Vider la pièce ou le local de tout son mobilier ; tout objet ou équipement difficilement décontaminable (Radiateurs, textiles muraux, etc.) est enveloppé d’un film en matière plastique.
  • Isoler le chantier des autres locaux (portes, couloir, cage d’escalier, partie de local) et obstruer les grilles d’aération par des films tendus en matière plastique joints aux supports de manière étanche à l’air sur la totalité de leur pourtour. Arrêter et consigner les systèmes mécaniques d’échange d’air et maintenir les fenêtres en position fermée pour éviter les courants d’air pendant toute la durée du chantier.
  • Aménager un seul accès à la zone. Dans la mesure du possible, et en particulier pour les chantiers de surface importante, un sas-vestiaire comportant de préférence deux compartiments (le premier pour s’équiper, le second pour nettoyer en sortant les vêtements de travail usagés par aspiration avec un aspirateur à filtre absolu, et s’en débarrasser dans un sac à déchets, après les avoir humidifiés par pulvérisation d’eau) est disposé à l’entrée de la zone.
  • Équiper les intervenants d’un appareil de protection respiratoire, de gants lavables en polychloroprène, par exemple, et d’une combinaison jetable à capuche. Le demi-masque filtrant de type jetable FFP3 assure une protection suffisante, lorsque la technique choisie garantit qu’il n’y aura pas (ou très peu) de fractionnement du matériau (réchauffage des dalles ou travail à l’humide) ; il doit être jeté en fin de poste et son utilisation prolongée est incompatible avec des travaux qui demandent un effort physique important ou de longue durée (plus d’une journée). Pour les autres cas, l’appareil doit être du type demi-masque ou masque complet à filtre P3, mais il est toutefois conseillé d’utiliser un masque ou un demi-masque à ventilation assistée TM3 P, plus confortable qu’un appareil filtrant à pression négative. L’accès à la zone doit être rigoureusement interdit pendant toute la durée du chantier (jusqu’à la fin du nettoyage) à toute personne qui ne serait pas munie d’équipements de protection individuelle.
  • Décoller les dalles en les réchauffant ou en les humidifiant et enfermer les déchets dans des sacs en matière plastique étanches au fur et à mesure de leur production.
  • Pour les opérations de retrait à sec, lorsqu’il n’est pas possible de réchauffer ou d’humidifier les dalles, ou encore lorsque la surface traitée ne justifie pas la mise en place d’un extracteur d’air, il est souhaitable de prévoir une aspiration mobile à proximité immédiate du matériau en cours de décollement, à l’aide d’un aspirateur équipé d’un filtre à très haute efficacité (dit absolu).
  • Les déchets de matériaux de revêtement de sols en vinyle-amiante sont acheminés vers un centre d’enfouissement de classe 2, après conditionnement dans un deuxième emballage.
  • En fin d’opération, procéder à un nettoyage soigné de toutes les surfaces à l’aide de l’aspirateur à filtre absolu ou à l’humide, avant de procéder au repli du chantier.

Le cas des colles contenant de l’amiante
Le décapage mécanique (au burin, par brossage ou par jet d’abrasifs) d’un produit de collage qui contient de l’amiante est une opération susceptible de générer des taux ambiants de poussières contenant de l’amiante plus importants que celle de retrait des dalles ; sur du béton, cette opération peut également libérer des poussières de silice, dangereuses par inhalation. Le décapage chimique des colles à l’aide de solvants organiques entraîne par ailleurs des risques élevés d’intoxication et d’incendie ou d’explosion par émission de vapeurs. En conséquence, dans le cas de la démolition comme dans celui de la réhabilitation, il est conseillé de maintenir la colle en place sur les supports de maçonnerie afin de limiter les expositions à ces différents risques.

Dans le cas de la réhabilitation de locaux, il est indispensable de conserver dans le dossier d’archives du bâtiment une trace écrite mentionnant la présence d’amiante dans la colle laissée en place, et de mettre en œuvre le nouveau revêtement de sol après application d’un produit primaire d’accrochage et d’un produit de ragréage adaptés.

RETRAIT DE MATÉRIAUX EN AMIANTE-CIMENT

Les matériaux de couverture, et notamment les plaques ondulées, ont toujours constitué la majorité des produits en amiante-ciment commercialisés jusqu’à leur interdiction. D’autres produits en amiante-ciment ont également été largement utilisés dans le bâtiment : produits de bardage et de revêtement, produits de cloisonnement ou de doublage intérieur, canalisations, gaines, éléments composites assemblés par collage.

La plupart de ces matériaux sont fixés sur un support par des crochets, des tirefond, des boulons, des agrafes ou des vis ; ils sont parfois scellés entre eux (canalisations) ou à des supports de maçonnerie. Ces matériaux sont constitués d’un mélange homogène de ciment et de fibres et, bien que fortement liés, sont susceptibles de libérer des fibres d’amiante par dégradation mécanique brutale (casse, découpe, usinage), ou en raison de leur vétusté.

Sauf impossibilité technique, l’enlèvement de matériaux en amiante-ciment doit se faire par déconstruction et doit s’accompagner de règles visant à protéger les opérateurs et l’environnement contre le risque lié aux fibres d’amiante. Pour les matériaux situés en enveloppe de bâtiments, ces règles sont précisées dans la recommandation R 378 de la CNAMTS. Pour le cas de la dépose de toitures, il convient également de rappeler que tout travail en hauteur est dangereux par nature. Le respect des règles d’accès, de circulation sur les toitures en matériaux fragiles et la mise en place de protections périmétriques est impératif.

Pour les travaux à l’intérieur de bâtiments

  • Vider la pièce ou le local de tout son mobilier ; tout objet ou équipement difficilement décontaminable (radiateurs, textiles muraux, etc.) est enveloppé d’un film en matière plastique.
  • Isoler le chantier des autres locaux (portes, couloir, cage d’escalier, partie de local) et obstruer les grilles d’aération par des films tendus en matière plastique, joints aux supports de manière étanche à l’air sur la totalité de leur pourtour. Arrêter et consigner les systèmes mécaniques d’échange d’air et maintenir les fenêtres en position fermée pour éviter les courants d’air pendant toute la durée du chantier.
  • Disposer un film en matière plastique sur le sol de toute la zone de travail.
  • Aménager un seul accès à la zone. Dans la mesure du possible, et lorsque les éléments peuvent être déconstruits sans casse, un sas-vestiaire comportant de préférence deux compartiments (le premier pour s’équiper, le second pour nettoyer en sortant les vêtements de travail usagés par aspiration avec un aspirateur à filtre absolu et s’en débarrasser dans un sac à déchets, après les avoir humidifiés par pulvérisation d’eau) est disposé à l’entrée de la zone.
  • Équiper les opérateurs d’un vêtement jetable et, lorsque les éléments en amiante-ciment peuvent être démontés et évacués sans casse, d’un demi-masque ou d’un masque complet en caoutchouc équipé d’un filtre P3. Il est toutefois conseillé d’utiliser un masque ou un demi-masque à ventilation assistée TM3 P plus confortable et plus protecteur qu’un appareil filtrant à pression négative. S’il est prévu d’utiliser des outils de découpe rotatifs ou que de nombreux éléments soient cassés, les parois verticales sont protégées par un film continu en matière plastique, les opérateurs sont dotés d’appareils filtrants de protection respiratoire à ventilation assistée TM3 P et le tunnel d’accès est, si possible, équipé d’une douche de décontamination et d’hygiène.

À l’extérieur des bâtiments

  • Équiper le personnel d’un vêtement jetable et d’un demi-masque de protection respiratoire doté d’un filtre P3. Le demi-masque filtrant FFP3 du type jetable peut être utilisé pour des travaux courts (une journée) et doit être jeté en fin de poste ; son utilisation prolongée est incompatible avec des travaux qui demandent un effort physique important. À chaque fois que des outils générateurs de poussières sont utilisés, le port d’un demi-masque ou d’un masque à ventilation assistée TM3 P est nécessaire. D’une manière générale, pour tenir compte des contraintes liées au port des équipements (par exemple en saison chaude), l’utilisation systématique d’un demi-masque ou d’un masque à ventilation assistée est conseillée pour l’ensemble de ces travaux. Dans le cas de travaux sur toiture, le demi-masque sera choisi de préférence au masque complet car il offre un plus large champ visuel.

Puis, à l’intérieur comme à l’extérieur

  • Démonter, chaque fois que cela est possible, les systèmes de fixation des matériaux et déposer les éléments, un à un, en évitant de les casser (pour les éléments situés en hauteur, il est nécessaire de prévoir des moyens de manutention adaptés). À défaut de pouvoir démonter les fixations, on procède à leur découpe à l’aide d’outils manuels générant le moins possible de poussières, après les avoir humidifiés. Les outils rotatifs à vitesse de rotation élevée sont à proscrire pour la découpe, le perçage ou l’usinage des matériaux en amiante-ciment (ou de leurs systèmes de fixation lorsque l’outil doit toucher l’amiante-ciment). En dernier lieu, si les fixations ne sont pas accessibles, on procède à la découpe manuelle de l’élément en travaillant au mouillé par pulvérisation pendant la découpe.
  • Nettoyer les structures et le sol par aspersion ou aspiration avec un appareil équipé d’un filtre absolu. Des douches d’hygiène seront mises à disposition des salariés, en quantité adaptées à l’effectif.

Élimination des déchets

  • Les déchets de matériaux en amiante-ciment doivent être mis sur palettes ou dans des racks (de dimensions supérieures à celles des matériaux) recouverts d’un film en matière plastique au fur et à mesure de leur production, puis acheminés vers une installation de stockage autorisée de classe 2 ou 3. Les déchets doivent être évacués du chantier avant d’engager d’autres phases de travaux, notamment de démolition.
  • Les déchets de matériels et équipements (protections jetables, filtres) ainsi que les déchets issus du nettoyage (débris et poussières) doivent être conditionnés dans des doubles sacs étanches étiquetés et doivent être acheminés vers une installation de stockage de classe 1 ou une installation de traitement par vitrification.

RETRAIT DE FAUX-PLAFONDS NON FRIABLES

Généralités
Un faux plafond est un ensemble d’éléments rapportés en sous-face d’une structure portante et à une certaine distance de celle-ci, constitués d’une armature suspendue et d’un remplissage en panneaux légers discontinus formant une trame. Les faux-plafonds sont généralement horizontaux (ou peu inclinés par rapport au plan horizontal), mais peuvent comporter certains éléments attenants verticaux (trémies, habillage de structures, etc.). Des enduits en plâtre mis en œuvre sur des grillages, des lattes de bois ou d’autres supports, de même que des plaques de plâtre cartonnées fixées sur des ossatures diverses, ne constituent pas des faux-plafonds. Des surfaces importantes de faux plafonds contenant de l’amiante ont été mises en œuvre à l’intérieur de bâtiments ; on distingue en particulier des matériaux en panneaux rigides de :

  • fibres agglomérées par un liant, dont du ciment (amiante-ciment de faible densité, inférieure à 1),
  • feutre ou carton d’amiante,
  • carton d’amiante alvéolaire (ondulé) revêtu dans certains cas de feuilles d’aluminium sur l’une ou sur les deux faces. Parmi ces éléments contenant des matériaux friables, seuls les panneaux rigides revêtus sur leurs deux faces de feuilles d’aluminium peuvent être considérés comme des produits non friables au sens de la réglementation du travail, à condition que les feuilles en aluminium de protection des deux faces soient en bon état. Les autres matériaux légers cités, s’ils ne sont pas revêtus sur leurs deux faces, doivent être considérés comme des matériaux friables et les opérations de retrait doivent être menées par une entreprise titulaire d’un certificat de qualification pour le traitement de l’amiante friable, en suivant les règles de protection collectives et individuelles détaillées dans le chapitre 3 pour les matériaux friables.

Retrait de faux plafonds en panneaux revêtus de feuilles d’aluminium sur les deux faces (non friables)
Sur le chantier, les travaux de dépose des éléments de faux plafonds non friables peuvent être organisés de la manière suivante :

  • baliser l’extérieur de la zone des travaux et ne maintenir qu’un seul accès au chantier,
  • le cas échéant, mettre hors tension des réseaux électriques et mettre en place les branchements électriques nécessaires aux besoins du chantier,
  • isoler la zone, calfeutrer tous les orifices pouvant permettre des mouvements d’air avec l’extérieur de celle-ci et procéder au nettoyage des équipements restant en place et de ceux à évacuer.
  • évacuer tous les matériels et équipements pouvant gêner les travaux de dépose,
  • mettre en place un film en matière plastique sur le sol, fixé par des rubans adhésifs sur son pourtour, ainsi que sur les équipements qui risquent d’être pollués lors de travaux,
  • installer un échafaudage ou une plate-forme de travail avec les équipements nécessaires pour prévenir du risque de chute de hauteur ; le déplacement des plates-formes roulantes ne doit pas pouvoir être effectué lorsqu’un opérateur s’y trouve,
  • aménager un seul accès à la zone, avec un sas-vestiaire comportant deux compartiments (le premier pour s’équiper, le second pour se nettoyer et se débarrasser des vêtements de travail usagés à chaque sortie de la zone, après les avoir humidifiés par pulvérisation d’eau) ; s’il est prévu que les éléments soient systématiquement cassés, les parois verticales sont protégées par un film continu en matière plastique, et le tunnel d’accès est, si possible, équipé d’une douche de décontamination et d’hygiène,
  • équiper les opérateurs d’un vêtement jetable, d’un masque complet de protection respiratoire à ventilation assistée TM3 P, de chaussures ou de bottes lavables,
  • mettre en place, puis en fonctionnement, un épurateur d’air équipé d’un filtre à très haute efficacité, tel que décrit en 1.9.2,
  • déposer les parties accessibles des luminaires,
  • déposer chaque panneau, en évitant de le casser, en nettoyant ses deux faces par aspiration avec un aspirateur doté d’un filtre à très haute efficacité ; utiliser cet aspirateur pour capter les poussières au plus près de leur source d’émission à chaque fois qu’un détail constructif (fixation, pincement, etc.) risque de provoquer une dégradation localisée de l’élément,
  • disposer et emballer les plaques au sol dans un film en matière plastique,
  • évacuer les déchets après aspiration de l’emballage et les orienter vers un circuit de traitement ou un centre de stockage prévu pour des déchets contenant de l’amiante friable (classe 1),
  • nettoyer par aspiration toute les structures porteuses du faux plafond et les films en matière plastique,
  • déposer les films en matière plastique (qui seront considérés comme des déchets contenant de l’amiante), arrêter l’extracteur d’air et restituer le local.