Matériels et équipements

Matériels et équipements


Matériels et équipements

Le choix des matériels et équipements dépend des pratiques de chaque entreprise et peut varier en fonction des résultats de l’évaluation des risques et des modes opératoires. Les matériels nécessaires à la réalisation des travaux sont choisis en fonction d’une part, de leurs caractéristiques techniques et d’autre part, de leur capacité à être facilement décontaminés. Ainsi, un matériel électrique doit pouvoir être facilement décontaminé à l’eau. Tous les matériels électriques, qui sont susceptibles d’être décontaminés à l’eau, doivent notamment répondre à un classement IP 65 ou IP 66 en fonction des procédures de décontamination adoptées. Avant leur introduction dans une zone pouvant être polluée, les matériels sont préparés afin d’éviter leur contamination et faciliter leur nettoyage en fin de chantier. Une attention particulière est portée aux tubes des échafaudages, aux matériels d’extraction d’air (y compris les gaines) présents en zone de travail, aux matériels d’aspiration des déchets, etc. L’obturation des orifices, la protection des équipements ou de certaines parties plus difficilement décontaminables peuvent être réalisées à l’aide de mousse expansible (sans isocyanate), ruban adhésif imperméable ou film en matière plastique. Dans le cas de location ou de prêt de matériels, l’entreprise doit s’assurer que le matériel est décontaminé avant de le rendre et, si le contrat de location le prévoit, qu’il est débarrassé de ses consommables.


Équipements de protection individuelle

Le choix des équipements de protection individuelle devra s’effectuer, dans le respect des exigences réglementaires, selon les résultats de l’évaluation des risques réalisée pour chaque situation de travail et selon la pénibilité de la tâche à réaliser.

Appareils de protection respiratoire

Il existe différents types d’appareils de protection respiratoire, appartenant à deux familles, qui se distinguent par leur principe de fonctionnement : les appareils filtrants qui, dotés de filtres, procèdent à l’épuration des polluants contenus dans l’air ambiant par l’intermédiaire de ce média filtrant, les appareils isolants qui sont alimentés en air respirable à partir d’une source non polluée. Les appareils filtrants anti-poussières susceptibles de pouvoir être utilisés face à différentes situations d’exposition à l’amiante peuvent être, par ordre de niveau de protection croissant :

le demi-masque filtrant (ou pièce faciale filtrante) FFP3 ; il s’agit d’un appareil jetable à usage unique. Ce type d’appareil, souple, peut subir des déformations qui sont susceptibles d’engendrer des fuites au droit du joint facial, lors de certains travaux pénibles. Il est parfois difficile d’obtenir un ajustement correct. Son utilisation pour l’amiante doit être limitée à des situations de courte durée (inférieure à une heure) où la concentration est faible. Son facteur de protection en situation de travail est estimé à 10. Il est jeté immédiatement après son retrait et ne doit jamais être réutilisé ; le demi-masque équipé de filtres à particules P3 est plus facile à ajuster que la pièce faciale filtrante et la vérification de l’ajustage est plus aisée. Son facteur de protection en situation de travail est estimé à 10. Les filtres sont marqués R (réutilisable) ou NR (non réutilisable). En fonction de ce marquage, le remplacement des filtres doit être effectué soit après chaque utilisation, soit après plusieurs utilisations s’il est muni d’un opercule d’obturation, s’il n’a pas été mouillé et n’est pas colmaté ; le masque complet équipé de filtres de classe P3. Son facteur de protection en situation de travail est estimé à 30. Le remplacement des filtres est effectué comme pour le demi-masque ; le casque, heaume ou cagoule utilisé avec un système à ventilation assistée TH3 P (un ventilateur, fonctionnant sur batteries d’accumulateurs, soutire l’air au travers des filtres et propulse cet air filtré vers la cagoule). Son facteur de protection en situation de travail est estimé à 40 ; le masque complet doté d’un système à ventilation assistée TM3 P, plus confortable et plus adapté à des travaux de longue durée et pénibles. Son facteur de protection en situation de travail est estimé à 60. Les demi-masques TM3 P n’existent pas sur le marché, au jour de la publication de ce guide. Les demi-masques à ventilation assistée TM2 P ont un facteur de protection en situation de travail estimé à 20.

Lorsque des produits chimiques sont utilisés pour le retrait ou l’encapsulage de MCA, l’opérateur doit être protégé contre l’inhalation de ces produits et les fibres d’amiante. Un filtre à charbon actif, dont le type est approprié aux produits employés, doit alors être alors combiné au filtre P3. Les matériaux constitutifs de l’appareil de protection respiratoire doivent résister à ces produits chimiques. Avec les filtres à charbon actif, les débits de 160 l/min sont très difficiles à atteindre en raison des pertes de charge. Les temps de claquage des filtres sont parfois très courts et nettement inférieurs à la durée d’une vacation en zone. Les appareils à adduction d’air doivent donc être utilisés. Les pièces faciales filtrantes jetables et les filtres des appareils de protection respiratoire doivent être jetés avec les déchets d’amiante libre à la fin de chaque période de port de la protection respiratoire (après chaque vacation).

Les appareils isolants de type masque complet, cagoule ou scaphandre à adduction d’air comprimé assurent à la fois un degré de protection encore plus élevé et un confort respiratoire supérieur à celui apporté par les appareils filtrants. Le débit d’air est réglable ; il est fixé par construction à un minimum de 120 l/min imposé par les normes ; ce débit est insuffisant pour assurer une surpression permanente d’air propre sous la pièce faciale, quels que soient les efforts fournis. Avec un masque complet, cette surpression peut être assurée par l’utilisation d’un dispositif qui maintient une pression positive sous la pièce faciale Avec une cagoule, le débit doit être ajusté, en particulier lorsque les travaux exigent un effort physique important. Les appareils à la demande à pression positive doivent systématiquement être privilégiés. Les appareils isolants à adduction d’air sont reliés à la source d’air par un tuyau souple que l’opérateur doit déplacer derrière lui, ce qui limite son utilisation dans certaines situations de travail. À chaque fois que les concentrations ambiantes en fibres d’amiante sont susceptibles de dépasser soixante fois la valeur limite de concentration, et particulièrement pour des travaux pénibles, l’emploi d’un appareil isolant est recommandé. Le facteur de protection des appareils à adduction d’air est estimé à 250. L’utilisation de tuyaux marqués de repères de couleur peut être utile pour permettre à chaque opérateur de repérer rapidement son propre tuyau d’adduction d’air sur un chantier.

Pour limiter l’encombrement de la zone de travail par les tuyaux, il est demandé d’utiliser des dispositifs à la fois isolants et filtrants comportant un raccord rapide et un filtre P3 placé en série dans le circuit d’air pour permettre à l’utilisateur de se déconnecter et de se reconnecter rapidement à différentes sources d’air placées dans la zone confinée. Ces dispositifs ne sont utilisables que sur des masques complets (et jamais sur des cagoules) et le temps de fonctionnement en ventilation libre (déconnecté) doit être le plus bref possible car les appareils ne sont plus isolants ; aucun travail ne doit être effectué sous ce mode de fonctionnement. L’utilisation de tels dispositifs doit faire l’objet d’une procédure écrite et être intégrée au programme de formation.

L’air comprimé est en règle générale délivré par un compresseur ; il est détendu et conduit par un tuyau vers la pièce faciale. Le tuyau doit être fixé solidement à une ceinture ou à un harnais porté par l’opérateur pour ne pas risquer d’arracher la pièce faciale en cas de blocage accidentel. Le compresseur ne doit en aucun cas être installé à l’intérieur d’un confinement de chantier. La prise d’air neuf doit être située dans un endroit propre, exempt de toute forme de pollution (on veillera en particulier à le disposer dans une zone éloignée des points d’émission des gaz d’échappement du moteur du compresseur ou de tout autre moteur ; il est recommandé d’utiliser un compresseur électrique). Lorsqu’il n’est pas possible de disposer le compresseur à proximité de la zone de travail, les appareils peuvent être alimentés par des bouteilles d’air comprimé. Le circuit d’air détendu doit impérativement comporter une réserve d’air, une rampe de filtration des poussières, des brouillards d’huile, des pièges à CO et CO2 et un pot de décantation de l’eau de condensation ; des accessoires de réchauffage ou de refroidissement de l’air sont également proposés par les fournisseurs d’appareils de protection respiratoire.

Le compresseur d’air respirable doit être maintenu en parfait état de propreté. Il doit faire l’objet de contrôles réguliers concernant son fonctionnement et la qualité de l’air produit ; on veillera à ce que la qualité de l’air soit conforme à la norme NF EN 12021, en particulier que les teneurs en polluants n’atteignent pas les valeurs limites d’exposition professionnelle, que la teneur en huile ne dépasse pas 0,5 mg/m3, celle de monoxyde de carbone (CO) 15 ppm et celle de dioxyde de carbone (CO2) 500 ppm.

Il est recommandé de faire procéder régulièrement à une analyse de l’air délivré aux opérateurs, notamment en début de chantier. Des systèmes d’analyse en continu de la qualité de l’air peuvent utilement être employés. Le ou les compresseurs, avec leurs réserves d’air, doivent avoir une capacité suffisante pour fournir de l’air respirable en quantité supérieure à la demande totale maximale de tous les opérateurs qui interviennent en zone simultanément avec un débit dans la pièce faciale de 300 l/min. On notera sur ce point, que les appareils dotés d’une soupape « à la demande » sont beaucoup plus économes en air que les appareils qui fonctionnent en adduction continue. La réserve d’air en sortie de compresseur est obligatoire. Une alarme sonore ou visuelle avertissant d’un problème d’alimentation en air est recommandée dès que la pression interne de la réserve chute sous la pression de 4 bars. En cas de défaut d’alimentation en air, le travail est arrêté immédiatement. Le volume de la réserve doit permettre aux opérateurs de pouvoir exécuter, sans panique, les opérations de débranchement de leurs masques et de retrait de l’obturateur du filtre P3 qui assurera la protection de l’opérateur pendant l’évacuation de la zone de traitement de l’amiante et l’exécution des opérations de décontamination dans « le tunnel personnel  ». Les réservoirs seront contrôlés selon la réglementation des appareils sous pression. Pour les chantiers à géométrie complexe, le réseau de distribution de l’air comprimé en tout point du chantier doit faire l’objet d’une étude préalable pour s’assurer de son efficacité. L’emploi d’un appareil de protection respiratoire nécessite dans tous les cas une formation préalable de l’utilisateur concernant notamment le port et la mise en place, le choix de l’appareil et la protection apportée, les contraintes, les limitations d’emploi, le contrôle et l’entretien. En tout état de cause, les appareils de protection respiratoire ne sont retirés que lorsque toute exposition à l’amiante a cessé, et en particulier lorsque les vêtements de protection ont été retirés, nettoyés ou enfermés dans des sacs à déchets selon le cas. À la fin de chaque période de travail exposant à l’amiante, les appareils seront soigneusement lavés, à l’intérieur et à l’extérieur, sous la douche puis déposés dans un endroit propre. Des consignes concernant la nature et la fréquence des opérations d’entretien, de maintenance et de vérification de ces appareils sont données par les fournisseurs dans les notices d’utilisation. La formule d’un contrat d’entretien avec le fournisseur est recommandée.


Vêtements de protection

Les vêtements de protection sont destinés à protéger l’ensemble du corps contre les poussières. Un vêtement peut être jetable ; dans ce cas il est à usage unique, ou décontaminable. Tous ces vêtements doivent être fermés aux chevilles et aux poignets et doivent comporter une capuche. Certains vêtements englobent les pieds et les mains ; si ce n’est pas le cas, la protection des mains et des chaussures peut être assurée par le port de gants et l’ajout de surbottes. Il est indispensable que les vêtements utilisés pour les opérations de retrait ou d’encapsulage de MCA soient, dans tous les cas, soigneusement ajustés et fermés. Ils contribuent de manière importante à améliorer l’efficacité de la protection respiratoire lorsqu’ils sont fixés de manière étanche (par conception dans le cas des combinaisons intégrales de type scaphandre, ou de manière rapportée avec un ruban adhésif) à la pièce faciale de l’appareil de protection respiratoire. Les vêtements à usage unique, étanches aux poussières, doivent être de type 5, selon la terminologie retenue dans les normes européennes. À la fin de chaque période de travail, ils doivent être retirés et jetés avec les déchets d’amiante, afin de ne pas contaminer l’extérieur de la zone de travaux. Ils sont généralement constitués d’un matériau fragile à la coupure et à la perforation ; un soin particulier doit être apporté à ce qu’ils soient toujours utilisés en bon état et réparés immédiatement en cas de déchirure. Les vêtements aux coutures cousues recouvertes ou aux coutures soudées sont choisis de préférence aux coutures simplement cousues. Il est impératif de sélectionner pour chaque opérateur un vêtement de taille adaptée et de veiller à la taille et la forme de la capuche. Avant de rentrer en zone, il est conseillé de faire quelques mouvements avec la combinaison (s’accroupir les bras tendus devant soi, avancer et reculer en rampant sur les mains et les genoux...) afin de vérifier que le vêtement convient.

En cas d’utilisation de casques, heaumes, cagoules de protection respiratoire, une combinaison sans capuche et une capuche indépendante seront employées. La capuche indépendante sera mise en place sous la pièce faciale. La combinaison sera ensuite enfilée. L’étanchéité capuche – combinaison puis capuche – pièce faciale sera assurée. Les vêtements à usage unique de type 4 sont étanches aux pulvérisations de liquides. Ils présentent l’inconvénient d’induire des contraintes physiologiques importantes pour l’organisme telles que l’élévation de la température corporelle et du rythme cardiaque. Ils ne sont donc pas recommandés.

Les vêtements décontaminables sont conçus pour être débarrassées des fibres d’amiante sous une douche, à chaque sortie de la zone de travail, puis réutilisés. Il existe des combinaisons sur lesquelles la pièce faciale de protection respiratoire est associée au vêtement de manière étanche. Certains équipements de ce type comportent un système de circulation d’air destiné à la ventilation du vêtement, contribuant à le rendre plus confortable. Une attention particulière sera portée au nettoyage de l’intérieur comme de l’extérieur, au séchage et au rangement de ces vêtements entre les interventions en zone confinée pour garantir un bon niveau d’hygiène. En raison des contraintes physiologiques provoquées par le port des vêtements décontaminables non ventilés, en particulier l’augmentation de la température à l’intérieur de la combinaison, les vêtements à usage unique seront privilégiés. Le port de sous-vêtements personnels peut être à l’origine d’un transfert de pollution vers l’extérieur de la zone, pouvant entraînant l’exposition du salarié et de son entourage. L’utilisation de sous-vêtements à usage unique est donc recommandée. L’utilisation de sous-vêtements à usage unique améliore également le confort d’utilisation des vêtements décontaminables et à usage unique. Les gants de travail, qui ne peuvent pas être correctement décontaminés par lavage à l’eau en fin de chaque période de travail, seront éliminés avec les déchets d’amiante. Lors de travaux exposant les salariés aux intempéries, les salariés peuvent porter, au-dessus de la combinaison étanche (qui pourra être choisie de couleur), un ciré de chantier (qui sera douché après chaque période de travail), une « doudoune », etc. Ces vêtements seront stockés dans le compartiment « sale » de l’installation de décontamination. En fin de chantier, ils sont éliminés comme déchets contaminés.

De la même manière, si des procédés font intervenir des flammes ou des sources de chaleur, la tenue au feu des vêtements de protection doit être prise en compte, les vêtements à usage unique ne peuvent plus être utilisés sans les protections adaptées aux travaux à réaliser. Le vêtement sera stocké dans le compartiment « sale » de l’installation de décontamination ou dans la zone précédant l’installation de décontamination. En fin de chantier, il est éliminé comme déchet contaminé. Lorsque, par exception dûment justifiée, des produits chimiques sont utilisés pour enlever des colles, des peintures, etc., alors les combinaisons, gants et chaussures ou bottes devront résister à ces produits. La vérification de la compatibilité est à faire auprès du fournisseur ou du fabricant.


Extracteurs d’air

Les extracteurs, nécessaires à la réalisation d’un confinement dynamique, sont munis au minimum de trois étages de filtration. Ils sont utilisés pour assainir l’air de l’ambiance de travail (fonction épurateur), mettre en dépression une zone confinée et également capter des poussières émises au plus près de leur source d’émission. Les extracteurs choisis sont équipés au minimum :
- d’un préfiltre (également appelé filtre primaire),
- d’un filtre secondaire,
- d’un filtre à très haute efficacité, de classe H 13 selon la norme NF EN 1822 ; et normalement des accessoires suivants :
- un manomètre permettant le contrôle de l’évolution de la perte de charge,
- différents pressostats permettant les contrôles de la présence du filtre à très haute efficacité (perte de charge minimale) et la limite d’utilisation des filtres (perte de charge maximale),
- voyants lumineux pour le contrôle de la plage d’utilisation des filtres,
- un réglage du débit à trois positions. Il est souhaitable qu’un deuxième filtre à très haute efficacité de sécurité soit installé derrière le premier, pour maintenir une filtration à très haute efficacité lors du remplace-ment de l’un des deux filtres ou en cas d’anomalie. Cette configuration est nécessaire lorsque le remplacement des filtres doit être réalisé pendant la durée du chantier ou lorsque l’air filtré est rejeté en milieu occupé. L’air extrait doit être rejeté à l’extérieur des bâtiments. Le rejet de l’air extrait filtré à l’intérieur d’un bâtiment peut toutefois être envisagé dans le cas de certains travaux de retrait ou d’encapsulage de MCA, avant la démolition d’un bâtiment inoccupé par exemple. Dans les autres cas, lorsqu’il est techniquement impossible d’assurer le rejet à l’extérieur, l’extracteur doit être doté de deux étages de filtration à très haute efficacité et l’air filtré est rejeté dans un local balisé, si possible ouvert sur l’extérieur et ne faisant pas l’objet d’une occupation permanente ; dans cette configuration, les contrôles de la qualité de l’air rejeté sont plus fréquents. Les corps des extracteurs sont placés, chaque fois que possible, à l’extérieur de la zone confinée ou calfeutrée, le bloc de filtration étant positionné au droit du confinement. Cette configuration permet de pouvoir les dépanner facilement, de les décontaminer et d’éviter les pertes de charge importantes dues aux longueurs des gaines de rejet. En cas d’impossibilité justifiée, les extracteurs peuvent être placés dans la zone confinée ou calfeutrée. Des conduits souples, enveloppés par un film en matière plastique étanche, sont utilisés pour rejeter l’air à l’extérieur du bâtiment. Ces conduits sont difficilement décontaminables et devront être considérés comme déchet amiante à la fin du chantier. Les conditions de décontamination des extracteurs devront être étudiées, en particulier en vérifiant leur indice de protection électrique ; les extracteurs devront répondre à un classement IP 55, voire IP 65 (suivant la norme NF C 20010) s’ils doivent être décontaminés à l’eau. L’ensemble du matériel en zone (extracteurs et gaines) est systématiquement protégé à l’aide de films en matière plastique. L’étanchéité de la traversée du confinement est assurée, par exemple, à l’aide de ruban adhésif et de mousse expansible. 1.9.3. Aspirateurs Tous les aspirateurs et toutes les centrales d’aspiration, utilisés pour le nettoyage de surfaces et parfois pour le captage des poussières d’amiante, doivent impérativement être équipés de filtres à très haute efficacité de classe H13, selon la norme NF EN 1822. Un aspirateur utilisé pour collecter des déchets et des poussières d’amiante doit être conçu par le fabricant pour cette utilisation particulière ; le fabricant doit en particulier pouvoir s’engager sur les caractéristiques minimales d’épuration du filtre à très haute efficacité. L’aspirateur doit possèder les caractéristiques suivantes :
- être muni d’une double filtration à très haute efficacité, en complément d’un filtre secondaire, voire d’un préfiltre ;
- être équipé d’un clapet de fermeture de l’orifice d’aspiration ou d’un bouchon (avec chaînette), qui ferme cet orifice dès le retrait du tuyau flexible ;
- être équipé d’un récepteur de poussière sous forme de double sac (un sac filtrant placé dans un sac étanche qui sera fermé avant de retirer l’ensemble plein de la cuve) ou d’un récipient à déchet à usage unique, qui sera fermé par un couvercle, immédiatement après désolidarisation de la cuve. Le changement du sac ne doit pas exposer les opérateurs ni vis-à-vis des poussières du sac, ni vis-à-vis de celles sur le filtre (double obstacle physique et non consigne), en cas de présence d’un sac plastique complémentaire dit « ouvert », la fermeture du sac doit être « automatique » avant l’ouverture de la cuve. Les changements de sac et de bac, permettant de réduire fortement, voire de supprimer l’exposition de l’opérateur, sont à privilégier ;
- posséder un indicateur de colmatage du filtre et de remplissage du sac ou du récipient à déchet (privilégier les indicateurs sonores ou lumineux) ;
- être fourni avec un mode opératoire général, un mode opératoire de changement de sac et un mode opératoire de changement de filtre THE. Tous ces documents seront fournis en langue française.
- garantir un débit minimal d’aspiration. Un tel aspirateur doit être exclusivement réservé à cette utilisation et être identifié de manière visible, sur la partie supérieure par exemple, par une mention du type « attention, contient de l’amiante ».

Lorsque l’aspirateur est directement connecté à une machine, par exem- ple pour le retrait de colle et/ou de ragréage, celui-ci est obligatoirement équipé d’une tête à effet cyclonique (ou l’air aspiré passe au préalable dans un cyclone) et d’un système de décol- matage du filtre. Le démarrage automatique et l’arrêt, avec temporisation de l’aspirateur commandés par l’outil raccordé à cet aspirateur, sont à privilégier. À la fin de chaque phase de chantier et avant de le sortir de la zone de traitement, il est important d’aspirer l’extérieur de l’appareil et tous ses accessoires, de le laisser fonctionner pendant au moins une minute pour vider le tuyau, d’enlever ce dernier pour le placer dans un sac en matière plastique fermé.

Les sacs d’aspirateurs contenant de l’amiante sont enlevés de l’appareil avec soin, selon la procédure définie par le constructeur de l’appareil ; ils sont ensuite traités comme des déchets d’amiante. Pour toutes les interventions nécessitant l’ouverture de l’appareil (comme le remplacement des filtres par exemple), les opérateurs doivent impérativement être équipés d’un appareil de protection respiratoire filtrant anti-poussières de classe de filtration P3.


Installations de décontamination du personnel

L’installation de décontamination (ou tunnel) permet le respect des procédures d’entrée/sortie des personnes devant accéder à la zone de travail. Elle est le seul accès du personnel à la zone confinée ou à la zone isolée et le passage obligatoire à la fin de chaque période de travail. Elle peut comprendre :
- trois compartiments avec une douche dans le compartiment n° 2 pour les chantiers de MCA non friables à faible empoussièrement, ainsi que pour les chantiers de MCA friables où l’impossibilité technique d’utiliser une installation à cinq compartiments est dûment justifiée ;
- cinq compartiments, dont deux compartiments (nos 2 et 4) sont équipés de douches pour les chantiers de MCA non friables à fort empoussièrement et les chantiers de MCA friables. Les compartiments nos 1 et 2 sont équipés de patères permettant l’accrochage de l’équipement respiratoire à chaque sortie de zone. Son positionnement sur le chantier et ses dimensions doivent aussi pouvoir permettre l’évacuation d’une personne blessée par les services de secours, en l’absence de sortie de secours matérialisée ou de tunnel matériel.

L’utilisation du sas en tant qu’issue de secours fera l’objet d’instructions particulières, telles le fléchage et la signalétique. Les différents compartiments du tunnel doivent être conçus et dimensionnés (surface minimale de 1 m x 1 m) pour :
- permettre un renouvellement de l’air dans chaque compartiment en un temps inférieur au temps de séjour dans le compartiment lors de la décontamination. Ce renouvellement est vérifié à l’aide d’un anémomètre et le balayage correct des compartiments est vérifié par un test de fumée ;
- faciliter l’évolution des opérateurs lors des diverses opérations (décontamination, évacuation éventuelle des déchets, etc.), et permettre éventuellement la sortie successive de plusieurs personnes, sachant que le temps nécessaire pour assurer la décontamination d’une personne dans de bonnes conditions peut aller jusqu’à 20 minutes. Les portes d’accès au compartiment n° 1 et à la zone confinée (dans le sens entrée en zone) sont toujours rigides ; afin de pouvoir maintenir les portes fermées, des découpes seront réalisées dans les portes rigides pour permettre le passage des tuyaux d’adduction d’air, lorsque les points de branchement sont situés à l’extérieur de la zone. Ces portes comportent en outre des grilles de ventilation de dimensions adaptées, munies de clapets antiretour. Dans le cas où les différents compartiments sont séparés par des portes rigides, les grilles de ventilation ont des dimensions suffisantes pour que la ventilation dans les différents compartiments soit effective et efficace. Dans le cas où les portes intermédiaires sont constituées de portes à persiennes ou de rideaux souples, la conception de ces portes ou rideaux doit permettre d’assurer un balayage complet de chaque compartiment. Les contraintes liées au port et à l’ajustement des EPI (encombrement et manque de souplesse de certaines combinaisons réutilisables, réduction du champ visuel et de la visibilité occasionnée par le masque, obtention de l’étanchéité entre le masque et la capuche du vêtement, etc.) rendent parfois nécessaire l’assistance d’une autre personne. Les compartiments de l’installation de décontamination sont correctement éclairés (supérieur à 200 lux) et chauffés (principalement en saison froide), afin que toutes les opérations d’entrée et de sortie puissent se faire dans de bonnes conditions et dans le respect des procédures de décontamination définies. Le chauffage peut être obtenu par soufflage d’air chaud dans ou à l’entrée du compartiment n° 1. Cet apport d’air devra être pris en compte dans l’établissement du bilan aéraulique. L’eau des douches est chauffée. Les quantités d’eau mises à disposition doivent permettre le douchage de tous les salariés dans chacun des compartiments de douche à raison d’au moins 10 litres/minute pendant au minimum 5 minutes par personne, avec une température d’eau d’environ 37 °C, qui doit pouvoir être réglable par l’opérateur. Les chauffe-eau seront prévus en conséquence. L’eau des douches est ensuite filtrée à l’aide de filtres, dont le dernier assure une filtration des particules supérieures à 5 μm, avant son rejet dans le réseau d’eaux usées. Les filtres sont changés à intervalles définis ou en fonction du degré de colmatage. Un changement quotidien est souvent nécessaire.


Zone de récupération

Un local (ou, à défaut, un vestiaire aménagé), où les salariés peuvent récupérer physiquement après chaque période de travail en zone, est installé à l’entrée de l’installation de décontamination (avant le compartiment n° 1). Ce local ne doit pas servir de zone de stockage du matériel.


Installations de décontamination à 3 compartiments

À titre d’exemple, une installation de décontamination à trois compartiments comporte notamment les équipements suivants :

L’installation de décontamination peut être un local mobile aménagé que l’on trouve aujourd’hui sur le marché. Le débit minimum d’air recommandé en fonctionnement autonome est de 500 m3/h.

Procédures d’entrée et de sortie d’une installation à 3 compartiments Les procédures d’entrée et de sortie de la zone de travail polluée sont adaptées au type d’équipement de protection. Elles sont affichées dans les compartiments. Lorsqu’une porte sépare chaque compartiment du suivant, la porte d’entrée dans le compartiment est refermée avant d’ouvrir la porte suivante.


Installations de décontamination à 5 compartiments

Un tunnel à cinq compartiments comporte notamment les équipements suivants :

Procédures d’entrée et de sortie Les procédures d’entrée et de sortie de la zone de travail polluée sont adaptées au type d’équipement de travail. Elles sont affichées dans les compartiments. Lorsqu’une porte sépare chaque compartiment du suivant, la porte d’entrée dans le compartiment est refermée avant d’ouvrir la porte suivante.


Responsable de sas

Lorsque l’installation de décontamination est raccordée directement à l’enceinte de travail, une personne doit être présente en permanence à l’extérieur de la zone de travail. Sur les chantiers où travaillent des personnels féminins et masculins, un tunnel est installé pour chaque type de personnel avec, pour chacun d’eux, une personne du même sexe comme responsable de sas. Ce responsable doit en particulier :
- gérer et enregistrer les entrées et sorties,
- vérifier qu’il n’entre que des personnes autorisées et correctement protégées,
- assurer la surveillance et le réglage éventuel de l’ensemble des matériels extérieurs participant au bon fonctionnement du chantier : armoires électriques, compresseurs d’air respirable, extracteurs, chauffage, installation de décontamination, appareil de mesure de dépression, etc.,
- être en liaison avec le responsable de l’équipe à l’intérieur de la zone de travail,
- assurer l’approvisionnement en matériels et matériaux à l’entrée de l’installation de décontamination,
- assurer l’approvisionnement en filtres de toutes natures, serviettes, etc.,
- assurer la maintenance de l’installation de filtration des eaux, si elle se trouve à proximité,
- tenir les registres de toutes natures (voir § 1.10.4),
- vérifier l’état et le fonctionnement des appareils de protection respiratoire et la re- charge des batteries,
- organiser les secours en cas de besoin,
- assurer la gestion des déchets. Ce poste est confié à une personne désignée par l’employeur, compétente et formée.


Tunnel déchets

L’évacuation des déchets peut être réalisée par un tunnel déchets.


Matériels loués

Lors de la location de matériels tels que échafaudages, extracteurs, aspirateurs, engins de chantier qui seront utilisés dans la zone polluée, l’entreprise de traitement de l’amiante déterminera avec les loueurs :
- les conditions de protection de ces matériels pour réduire, voire éviter leur contamination (notamment des moteurs, des postes de conduite),
- les accessoires susceptibles d’être contaminés qui seront retirés par l’entreprise de traitement (filtres, obturateurs divers, etc.),
- les vérifications requises et attestations démontrant la bonne décontamination des matériels,
- les protections et conditionnements des matériels non dépollués après accord écrit du loueur. Toutes les prescriptions nécessaires seront indiquées dans le PRE.