Travaux de retrait ou d’encapsulage de MCA non friables

Travaux de retrait


Travaux de retrait ou d’encapsulage de MCA non friables

Avant d’adopter une technique de retrait, les risques de dégradation et de fragmentation du MCA non friable lors de son retrait et les risques de pollution des zones de travaux et de leur environnement sont évalués. Cette évaluation permet de définir le niveau de protection nécessaire des salariés qui réaliseront l’opération ainsi que le niveau d’isolement ou de confinement de la zone de travail en fonction de :
- la situation du MCA dans le bâtiment ou son environnement,
- la quantité de fibres pouvant être émise lors des différentes opérations,
- la présence de personnes à proximité. La technique de retrait utilisée conditionne le classement, la quantité (poids ou volume) et les filières d’élimination des déchets émis. Au danger amiante se superposent d’autres dangers liés à la technique mise en œuvre et à l’environnement du poste de travail :
- travail en hauteur,
- chute à travers des toitures en matériaux fragiles,
- perte de stabilité des ouvrages pendant les travaux (fouilles, ouvrages),
- utilisation de moyens présentant des risques spécifiques (jet à haute pression, câble diamant, matériels électriques...) ou des conséquences pour les ouvrages et installations (infiltration d’eau, explosion, incendie...),
- électricité, bruit, gaz, chaleur, produits chimiques, produits inflammables, etc. Le retrait des MCA est généralement réalisé selon l’une des trois méthodes suivantes :
- la déconstruction de MCA non friables seuls ou avec leur support, méthode à privilégier,
- la découpe de MCA non friables seuls ou avec leur support (si la déconstruction est techniquement impossible),
- la fragmentation de MCA non friables seuls ou avec leur support (en cas d’impossibilité technique des deux premières méthodes). La déconstruction de MCA non friables La déconstruction est la méthode à privilégier. Elle est d’application obligatoire pour l’enveloppe extérieure des bâtiments et pour tout élément démontable (cloison intérieure sur vérins, gaines, etc.). Elle permet de limiter l’émission des fibres et, dans la 125 plupart des cas, le volume des déchets.


a) La déconstruction de MCA non friables seuls

b) La déconstruction de MCA non friables avec leur support Cette technique peut s’utiliser lorsque le MCA est difficilement séparable de son support.

Dans certains cas, pour des questions de manutention, de transport ou d’élimination des déchets, il est nécessaire de réduire les dimensions des éléments déconstruits. Cette opération, en fonction des techniques utilisées, doit être effectuée dans une zone confinée spécialement aménagée. La découpe de MCA non friables Cette méthode peut s’employer lorsque les éléments ne peuvent pas être déconstruits. La manutention et le transport des éléments doivent être prévus dès la phase d’étude de l’opération. Dans le cas de dépose de conduits et gaines, la découpe ou la casse localisée peut être réalisée à l’intérieur d’un confinement localisé ; l’intérieur du conduit ou de la gaine, suivant leurs diamètres, est alors mis en dépression par un extracteur ou un aspirateur à filtre à haute efficacité.

Les techniques qui fragmentent les MCA entraînent généralement une libération importante de fibres et de poussières fines. Sauf dispositions particulières dûment justifiées, il est alors nécessaire de mettre en œuvre des mesures spécifiques qui peuvent être similaires à celles applicables au traitement des MCA friables.

Retrait à l’aide de produits chimiques

Le recours aux techniques employant des produits chimiques doit être évité en raison des risques et contraintes liés aux produits employés : toxicité des produits, acceptation des déchets, pollution résiduelle des supports, inflammabilité des produits, utilisation de matériels antidéflagrants, port d’équipements de protection individuelle particuliers, etc. Leur utilisation doit être dûment justifiée dans le plan de retrait.


Travaux d’encapsulage

L’objectif de l’encapsulage est d’assurer une protection étanche aux poussières d’amiante, durable, résistante aux chocs et adaptée à la nature et à l’utilisation du support. Pour certains procédés, le classement en « encapsulage » n’est pas approprié car il ne correspond pas à cette définition. Le donneur d’ordre doit justifier le classement de l’opération en « encapsulage » ou en « interventions sur MCA ». Les techniques employées pour l’encapsulage de MCA non friables sont :
- application d’une résine, d’un liant ou d’un enduit étanche en couche mince,
- application d’un enduit étanche de forte épaisseur,
- mise en œuvre d’un nouveau matériau au contact du MCA,
- mise en œuvre d’un nouveau matériau sans contact avec le MCA, mais avec percement du MCA, Ces techniques sont employées lorsque le donneur d’ordre décide de maintenir le MCA en place. Elles nécessitent la mise en œuvre de modes opératoires, produits et matériels choisis, notamment, en fonction :
- de la nature du matériau à traiter,
- de la compatibilité entre le MCA et le produit d’encapsulage,
- de la résistance mécanique du produit d’encapsulage,
- de la tenue au vieillissement du nouvel ensemble,
- des degrés de vétusté et/ou de friabilité du MCA,
- du maintien du degré coupe-feu des matériaux,
- de la nécessité de fixer le produit d’encapsulage sur le MCA existant. Lors de leur mise en œuvre, ces techniques d’encapsulage peuvent libérer des fibres, en particulier lorsque la fixation ou l’ancrage des matériaux d’encoffrement nécessitent de percer les MCA. Avant d’adopter ces techniques, il y a donc lieu d’évaluer les risques de dégradations du MCA à maintenir en place et les risques de pollution des zones de travaux et de leur environnement. Lors de l’emploi de produits présentant des risques chimiques, les protections individuelles doivent être adaptées aux produits chimiques concernés et à l’amiante.


Niveaux d’exposition

Les résultats de l’évaluation des risques peuvent permettre à l’entreprise de distinguer trois groupes de niveaux d’exposition. Les exemples ci-dessous sont donnés à titre de repères. Ils correspondent à des matériaux associés à une technique de retrait. Premier niveau

– Empoussièrement inférieur à la valeur limite d’exposition professionnelle :
- retrait de pelles de vide-ordures, de plaques protectrices de radiateur en amiante-ciment,
- retrait de dalles vinyle-amiante, à l’humide ou par chauffage, en l’absence d’amiante dans le ragréage et la chape maigre,
- retrait d’enrobés routiers, de canalisations enterrées, de mastics vitriers, de joints, de faux plafonds (non contaminés par un MCA situé au-dessus) en amiante-ciment posés,
- etc. Le cas particulier où l’empoussièrement est inférieur à la valeur de gestion définie par le code de la santé publique peut également être rencontré :
- retrait de mastics par déconstruction des ossatures,
- etc.

Deuxième niveau

– Empoussièrement inférieur à dix fois la valeur limite d’exposition professionnelle ou empoussièrement de niveau 1 avec risque d’exposition accidentelle élevée :
- retrait de colles bitumineuses en l’absence d’amiante dans le ragréage et la chape maigre,
- déconstruction de plaques d’amiante-ciment par le dessous,
- déconstruction de plaques d’amiante-ciment par le dessus,
- etc.

Troisième niveau

- Empoussièrement supérieur à dix fois la valeur limite d’exposition professionnelle ou empoussièrement de niveau 2 avec risque d’exposition accidentelle élevée :
- retrait de dalles si présence d’amiante dans le ragréage et la chape maigre,
- retrait de mortier-colle sous carrelage,
- retrait d’enduit de densité supérieure à un,
- etc. Les mesures de prévention à mettre en œuvre vont dépendre du niveau d’exposition attendu. Le programme de contrôles doit permettre de valider les options retenues.