Evacuation des déchets de la zone de travail

Evacuation des déchets


Evacuation des déchets

Les déchets produits pendant les différentes phases de réalisation des travaux de retrait ou d’encapsulage de MCA sont triés, conditionnés et évacués de la zone de travail au fur et à mesure de leur production, en respectant les prescriptions. La sortie des déchets de leur zone de production est réalisée après décontamination des emballages. En fin de journée, la zone est propre.

Les déchets sont conditionnés dans des emballages (sacs, housses) transparents, résistants et rendus étanches. Il faut éviter la présence d’air résiduel dans les sacs et la fermeture par col de cygne doit être privilégiée. La sortie des déchets d’une zone isolée et calfeutrée ou confinée, est effectuée par un tunnel déchets.


L’impossibilité de recourir à la mise en place d’un tunnel déchets doit être justifiée dans le plan de retrait et les conditions d’utilisation du tunnel de décontamination du personnel pour la sortie des déchets doivent y être décrites. En particulier, le nettoyage des compartiments de ce tunnel devra être achevé avant que le personnel se décontamine. Le tunnel déchets comportera des compartiments de dimensions importantes, en relation avec les dimensions des déchets ou des matériels à décontaminer. Une surface minimale de 4 m2 par compartiments est souvent nécessaire ; en fonction des condi- tionnements des matériaux et des matériels à évacuer, des moyens de manutention seront mis en œuvre dans l’installation de décontamination, en veillant à ce qu’ils ne participent à pas à une migration de pollution entre l’intérieur et l’extérieur de la zone de retrait. Les compartiments seront correctement éclairés (au moins 200 lux), afin que le personnel puisse s’assurer du bon nettoyage des matériels et emballages des déchets.

Ils seront ventilés en permanence ; la circulation d’air de chaque compartiment sera vérifiée lors du test de fumée. Lors d’emploi de rideaux métalliques, des ouïes latérales devront être prévues pour permettre la circulation de l’air. Le bilan aéraulique prendra en compte les entrées d’air par le tunnel déchets.

Un tunnel déchets à trois compartiments est conseillé :
- le compartiment n° 3 (coté zone de retrait), où seront déposés les déchets conditionnés dans un premier emballage lavable et fermé (ce compartiment peut être remplacé par une zone de faible surface, non affectée directement par le retrait, et située 109 immédiatement avant le compartiment de lavage). Les déchets, qui y seront déposés après aspiration, devront être atteignables facilement par le travailleur qui procède au lavage, sans qu’il ait à se déplacer dans la zone de retrait ;
- le compartiment n° 2, central, sera équipé d’une douche possédant un débit supérieur à 20 l/min. Les eaux de lavage seront filtrées (5 μm) avant leur rejet ; la séparation entre les compartiments 2 et 1 pourra être rigide et intégrer un dispositif interdisant que le travailleur chargé du lavage soit le vecteur de pollution du compartiment n° 1 (dispositif de « double ensachage direct4 », paroi plongeante dans un bassin rempli d’eau...) ;
- le compartiment n° 1 est le lieu où est effectué le second ensachage et son étiquetage.

Les travailleurs, qui transfèrent les déchets de l’intérieur de la zone au compartiment 3, ne doivent pas pénétrer à l’intérieur de l’installation de décontamination. Avant d’y déposer les déchets et matériels à décontaminer, ils procèdent à un dépoussiérage par aspiration. Une personne doit être affectée en poste fixe au niveau du compartiment de douchage. Ce salarié, à la fin de son poste, évacuera le tunnel déchet vers la zone de retrait et sortira par le tunnel personnel où il se décontaminera. Chaque fois que possible, une barrière physique entre les compartiments 2 et 1 est recommandée pour permettre le passage des sacs en empêchant le passage du personnel affecté à la décontamination. Le salarié, qui réceptionne les déchets après lavage et qui met en place leur deuxième emballage avant leur évacuation et leur dépose dans l’emballage de transport, doit porter des EPI (combinaison, masque et gants), afin de pallier tout risque d’exposition en cas d’incident pouvant être à l’origine d’une dispersion de déchets contenant de l’amiante. À l’extérieur, les sacs contenant les déchets sont transportés jusqu’aux GRV, eux-mêmes placés dans un local fermé, une benne, un conteneur ou sur une zone à accès réglementé, en attente d’être transportés.

Pour éviter le transfert de sacs à déchets par les compartiments n° 1 et 2, qui doivent rester propres, le compartiment n° 4 (douche) peut utilement comporter une porte vers un compartiment en dérivation, spécialement aménagé pour déposer après la douche de décontamination les déchets et les matériels, avant leur sortie du chantier. Si le compartiment de dérivation ne peut pas techniquement être mis en place, alors les déchets sont décontaminés en passant dans les 5 compartiments et en respectant la même procédure que pour le personnel.


Cas des déchets stockés en zone

Dans quelques cas particuliers, avec des éléments difficilement manutentionnables, sans engins de levage importants ou sans création d’ouverture de grandes dimensions dans le confinement, il peut être envisagé d’emballer et de stocker les déchets dans la zone confinée. L’évacuation sera alors effectuée au moment du démantèlement de la zone de retrait. Ce choix doit être justifié (moyens de manutention, cheminement, etc.) et une procédure spéciale de décontamination des emballages doit être prévue dans le plan de retrait. Cette procédure peut aussi s’appliquer pour l’évacuation du matériel.