Retrait de matériaux en amiante-ciment

Retrait de matériaux


Retrait de matériaux en amiante-ciment

Les matériaux de couverture, et notamment les plaques ondulées, ont constitué la majorité des produits en amiante-ciment commercialisés jusqu’à leur interdiction. D’autres produits en amiante-ciment ont été largement utilisés dans le bâtiment : produits de bardage et de revêtement, produits de cloisonnement ou de doublage intérieur, canalisations, gaines, éléments composites assemblés par collage.

La plupart de ces matériaux sont fixés sur un support par des crochets, des tire-fonds, des boulons, des agrafes ou des vis ; ils sont parfois scellés entre eux (canalisations) ou à des supports de maçonnerie. Ces matériaux sont constitués d’un mélange homogène de ciment et de fibres et, bien que fortement liés, sont susceptibles de libérer des fibres d’amiante soit :

- par dégradation mécanique brutale (casse, perçage),
- par opération d’usinage à grande vitesse de coupe (tronçonnage),
- par chute et éparpillement de végétaux (lichens, mousses) secs, qui ont colonisé et dégradé les surfaces des plaques. Sauf impossibilité technique, l’enlèvement de matériaux en amiante-ciment doit se faire par déconstruction et doit s’accompagner de règles visant à protéger les opérateurs et l’environnement contre le risque lié aux fibres d’amiante.

L’entreprise doit déterminer l’empoussièrement attendu aux postes de travail en fonction de son retour d’expérience provenant de mesures effectuées sur des chantiers réalisés dans des conditions similaires. Les mesures de prévention envisagées en découleront et seront validées par de nouveaux contrôles d’empoussièrement. En fonction de l’état de vétusté des produits, les valeurs d’empoussièrement peuvent être très différentes pour une même opération. Le tronçonnage à l’humide ne permettant pas d’abaisser significativement l’exposition, tout tronçonnage est à proscrire.


Retrait de plaques de toiture en amiante-ciment

Dans le cas de la dépose de toitures, il convient de rappeler que tout travail en hauteur est dangereux par nature. Ce risque est aggravé lorsqu’on est en présence de matériaux reconnus comme peu résistants, notamment les plaques de toiture en amiante-ciment. Sauf dans le cas d’impossibilité technique à justifier, la dépose de ce type de matériaux doit être prioritairement réalisée par le dessous, en utilisant un poste de travail adapté contre les risques de chutes de hauteur (platelage ou nacelle à ciseaux par exemple). Dans les cas d’impossibilité technique justifiée (voliges, etc.), l’évaluation des risques et les mesures de prévention qui en découlent, doivent impérativement intégrer le respect des règles d’accès, de circulation sur les toitures en matériaux fragiles et la mise en place de protections collectives en sous-face et périmétriques (exemple : filet de sécurité, garde-corps, échafaudages de pied) ou toutes protections d’efficacité équivalente. Une étanchéité est mise en place de manière à :
- empêcher la pollution des matériaux en sous-face de la toiture (matériaux d’isolation, charpente, faux plafond...),
- maintenir l’activité humaine ou l’occupation du bâtiment.

Mode opératoire et mesures de prévention à mettre en œuvre Les mesures de prévention à mettre en place seront adaptées à chaque cas, après la phase d’analyse des risques :
- à la configuration générale du lieu,
- à la nature du bâtiment,
- à la présence d’activité technique ou industrielle à proximité de la zone de retrait,
- à l’occupation des autres locaux dans le bâtiment,
- à la surface à traiter,
- à tout autre paramètre pouvant influer sur la santé des opérateurs ou des autres occupants des locaux, pendant et après le chantier. Il est essentiel de valider sur le terrain l’adéquation de la solution technique retenue. Il est nécessaire d’isoler la zone occupée de la zone de travail. En fonction de la configuration des locaux, une séparation horizontale ou verticale doit être mise en place, que l’intervention ait lieu depuis l’intérieur ou depuis l’extérieur du bâtiment.

Retrait par l’intérieur

bâtiment avec matériel sans présence humaine

Baliser la zone de travail et interdire l’accès aux tiers. Vider le local de tout équipement, à défaut protéger tous les équipements restants en les enveloppant par un film en matière plastique. Arrêter et consigner les systèmes mécaniques d’échange d’air et maintenir les fenêtres en position fermée pour éviter les courants d’air pendant toute la durée du chantier. Isoler le chantier des autres locaux (couloir, cage d’escalier, partie de local) et obstruer les grilles d’aération, portes, et fenêtres par des films tendus en matière plastique, joints aux supports de manière étanche à l’air sur la totalité de leur pourtour et résistants.

Nettoyer le sol et le protéger si nécessaire pour le permettre un nettoyage en fin de chantier, cette protection prenant en compte l’utilisation d’engins. Utiliser un matériel d’accès en hauteur en adéquation avec les travaux à réaliser (configuration du bâtiment, poids et dimension des plaques...). Un engin de levage adjacent à bras télescopique permettant de recueillir les plaques déposées peut être utilisé en prenant en compte le risque de renversement lors du chargement en hauteur. Ó Protéger le plancher du matériel d’élévation par un film en matière plastique éventuellement recouvert d’un matériau antidérapant (exemple : géotextile). Aménager un seul accès à la zone permettant la sortie du personnel par l’installation de décontamination. Équiper les intervenants d’une combinaison à usage unique à capuche de type 5, de gants lavables et d’un appareil de protection respiratoire à ventilation assistée (masque complet TM3P ou casque ou cagoule TH3P). Sectionner les fixations du support (tire-fonds, crochets, clous, etc.) à l’aide d’outils manuels. Si les fixations ne sont ponctuellement pas accessibles, une casse limitée de l’élément, en travaillant au mouillé par pulvérisation, peut être envisagée. Soulever et dégager les plaques, puis les déposer avec précaution dans la nacelle ou sur une palette recouverte préalablement d’un film en matière plastique qui servira à emballer le lot. La présence de deux personnes est nécessaire pour réaliser ces opérations, sans altération des plaques. Nettoyer les structures et le sol par aspiration avec un appareil équipé d’un filtre THE puis par lavage. Réaliser un examen visuel sur la totalité des surfaces, pour s’assurer de la qualité des travaux de retrait et le consigner.


Bâtiment avec présence humaine

Lorsqu’une activité humaine est maintenue dans le bâtiment pendant les travaux, en plus des mesures décrites précédemment, il est demandé de construire un platelage de résistance suffisante pour permettre une activité du personnel sous la zone de retrait. Ce platelage sera rendu étanche (exemple : film plastique, protection mécanique pour prévenir les perforations...).

Le plan de prévention doit préciser les conditions d’accès en zone pour éviter ou gérer les interférences entre les différents personnels et leurs activités respectives.

Retrait par l’extérieur

Outre le risque de chute de hauteur aggravée (chute en bas de pente, chute à travers la plaque), le retrait d’une toiture par le dessus présente les inconvénients suivants :
- nettoyage des structures, des faux plafonds difficiles, voire impossible,
- risque de pollution des matériaux d’isolation ou faux plafonds en sous-face,
- risque de chutes d’objets ou de matériaux dans le bâtiment,
- absence d’accès pour le contrôle visuel. Pour le retrait d’une toiture par le dessus, les mesures à mettre en œuvre consistent à :
- mettre en place un périmètre extérieur de sécurité le plus large possible, au moyen de barrières ou de clôtures,
- baliser et interdire l’accès dans la zone située sous la partie en cours de retrait, même s’il existe un faux plafond,
- vider le local de tout équipement, à défaut protéger tous les équipements restants en les enveloppant par un film en matière plastique,
- arrêter et consigner les systèmes mécaniques d’échange d’air,
- isoler le chantier des autres locaux (couloir, cage d’escalier, partie de local) et obstruer les grilles d’aération par des films tendus en matière plastique, joints aux supports de manière étanche à l’air sur la totalité de leur pourtour et résistants ; dans le cas de pose d’un film plastique sur les filets de sécurité, celui-ci sera rendu étanche au niveau des hauts de murs ou des chéneaux,
- nettoyer le sol et le protéger si nécessaire pour permettre le nettoyage en fin de chantier,
- aménager un seul accès à la zone permettant la sortie du personnel par l’installation de décontamination,
- organiser l’accès et la circulation sur les toitures en matériaux fragiles et la mise en place de protections collectives en sous-face et périmétriques (ex : cheminements, filets de sécurité, garde-corps, échafaudages de pied) ou toutes protections d’efficacité équivalente,
- prévoir les moyens d’évacuation des plaques retirées : cheminement, recette à matériaux, moyens de manutention,
- équiper les intervenants d’une combinaison à usage unique à capuche de type 5, de gants lavables et d’un appareil de protection respiratoire à ventilation assistée (masque complet TM3P ou casque ou cagoule TH3P) de préférence à vision panoramique,
- démonter les fixations ou à défaut sectionner leurs têtes,
- soulever et dégager les plaques puis les évacuer avec précaution vers la zone prévue à cet effet. La présence de deux personnes est nécessaire pour réaliser ces opérations sans altération des plaques et éviter que les mousses et autres produits poussiéreux présents sur les plaques tombent à l’intérieur du bâtiment,
- nettoyer les surfaces accessibles au fur et à mesure du retrait,
- nettoyer le sol par aspiration avec un appareil équipé d’un filtre THE puis, par lavage,
- réaliser un examen visuel sur la totalité des surfaces, pour s’assurer de la qualité des travaux de retrait. Si les structures ou les faux plafonds n’ont pu être nettoyés, l’entreprise en informera par écrit le donneur d’ordre pour inscription dans le dossier technique amiante.


Retrait d’éléments en amiante-ciment situés en façade

L’étude du principe constructif peut permettre de déterminer si le contreventement du bâtiment est obtenu par les panneaux extérieurs ou par la toiture. En l’absence d’informations fiables, les bâtiments préfabriqués seront stabilisés avant la déconstruction (par exemple par la mise en place d’étais tirant-poussant ancrés sur massifs fixes ou amovibles). Ces travaux sont a priori classés en niveau 2. Mode opératoire et mesures de prévention Pour le retrait d’éléments en amiante-ciment situés en façade, les mesures à mettre en œuvre consistent à :

- mettre en place un périmètre extérieur de sécurité le plus large possible, au moyen de barrières ou de clôtures,
- baliser la zone de travail et interdire l’accès aux tiers,
- isoler le chantier du reste du bâtiment, obstruer les ouvertures de la façade,
- nettoyer et aménager le sol extérieur de manière à pouvoir utiliser en sécurité les moyens d’élévations ; le protéger pour permettre le ramassage d’éventuels débris et le nettoyage en fin de chantier ; cette protection prend en compte l’utilisation de matériels de manutention des panneaux,
- utiliser un matériel de travail en hauteur (échafaudage, nacelle, plateforme sur mâts...) en adéquation avec les travaux à réaliser (configuration du bâtiment, poids et dimensions des plaques...). Un moyen de levage permettant de descendre les plaques retirées peut être utilisé,
- aménager un seul accès à la zone permettant la sortie du personnel par l’installation de décontamination,
- équiper les intervenants d’une combinaison à usage unique à capuche de type 5, de gants lavables et d’un appareil de protection respiratoire à ventilation assistée (masque complet TM3P ou casque ou cagoule TH3P) de préférence à vision panoramique.
- démonter les fixations ou à défaut les sectionner,
- soulever et dégager les panneaux puis les évacuer avec précaution vers la zone prévue à cet effet et les déposer avec précaution sur une palette recouverte préalablement d’un film en matière plastique qui servira à emballer le lot. La présence de deux personnes est nécessaire pour réaliser ces opérations sans altération des panneaux,
- nettoyer les structures au fur et à mesure du retrait, avec un aspirateur équipé de filtre THE. En fin de travaux, nettoyer les matériels,
- réaliser un examen visuel sur la totalité des surfaces pour s’assurer de la qualité des travaux de retrait et le consigner.

Lorsque les éléments en amiante-ciment, situés en façade ou le mur sandwich à dé- monter, sont directement accessibles par l’intérieur, des mesures supplémentaires doi- vent être mises en œuvre pour éviter la pollution de l’intérieur du bâtiment :
- vérifier le principe constructif des bâtiments en panneaux sandwich en procédant à la dépose de couvre-joints, de plinthes, à la recherche de vérins, dispositifs de fixation,
- isoler la face intérieure de la façade à déposer si le local reste en activité,
- isoler le chantier des autres locaux (couloir, cage d’escalier, partie de local),
- utiliser des outils manuels ou des outils de type dévisseuse. Dans le cas de découverte d’éléments de fixation indémontable, une casse limitée de l’élément, en travaillant au mouillé par pulvérisation, peut être envisagée,
- nettoyer le sol à l’intérieur par aspiration avec un appareil équipé de filtre THE puis par lavage. Le plan de prévention doit préciser les conditions d’accès en zone pour éviter ou gérer les interférences entre les différents personnels et leurs activités respectives.


Retrait de canalisations en amiante-ciment

Retrait de canalisations en amiante-ciment en intérieur Les canalisations en amiante-ciment sont présentes dans les bâtiments, fixées aux parois ou intégrées dans la construction. Dans ce cas, des travaux préparatoires de démolition sont nécessaires pour y accéder. Ces canalisations sont, soit horizontales et traversent des murs, soit plus couramment verticales et traversent les planchers (descentes d’eau, vides ordures). Les produits de scellement des traversées de murs et de planchers peuvent contenir de l’amiante. Mode opératoire et mesures de prévention Chaque fois que cela est possible, la canalisation est, « in situ », entourée dans un film en matière plastique sur toutes les parties accessibles. On privilégiera le démontage de parties entières en désolidarisant les éléments au niveau des joints, après avoir coupé ou dévissé les fixations. Ces travaux sont a priori classés en niveau 1.

Quand la désolidarisation au niveau des joints est impossible, la découpe se fera 149 manuellement, après humidification, en cassant avec précaution le pourtour de la canalisation. Un burin et un marteau, un coupe-tube à chaîne ou à molettes ou des scies à main (scie à lame carbure, scie égoïne à béton...) sont préférables. Les outils à vitesse rapide (tronçonneuse, disqueuse...) doivent être proscrits. Après un complément de film en matière plastique sur les deux bouts des canalisations, les matériaux peuvent être évacués. Pour certains éléments de grande dimension comme les vides ordures, il est souvent nécessaire de casser l’amiante-ciment au droit des planchers et sur toute l’épaisseur de celui-ci.

Dans ce cas, la méthodologie suivante peut être mise en œuvre en site non occupé :
- baliser la zone de travail et interdire l’accès aux tiers,
- confiner la pièce où débouche le bas de la colonne de vide-ordures,
- aménager un seul accès à la zone,
- mettre en place un extracteur, la seule entrée d’air étant la colonne du vide- ordures,
- équiper les intervenants d’une combinaison à usage unique à capuche de type 5, de gants lavables et d’un appareil de protection respiratoire à ventilation assistée (masque complet TM3P ou casque ou cagoule TH3P),
- disposer sous la colonne un bac de réception de déchets, posé sur un film plastique,
- démonter la colonne en commençant par le dernier étage,
- la colonne est enveloppée dans un film en matière plastique puis le haut de la colonne est entouré par un matériau plus épais type moquette et cassé au marteau pour le désolidariser. les déchets tombent dans la colonne et les poussières sont aspirées par la dépression. L’opération est répétée jusqu’au bas de la colonne,
- évacuer le tronçon filmé de chaque étage en privilégiant des moyens mécaniques de manutention,
- la traversée du plancher est désolidarisée par burinage du scellement réalisé sur une partie ne contenant pas d’amiante,
- lors du repliement final, évacuer les déchets récupérés dans le bac en bas de l’immeuble et les déchets du confinement,
- nettoyer le local de réception des déchets à l’aide d’un aspirateur à filtre THE et à l’humide,
- avant la sortie de la zone, mouiller la combinaison et le masque puis retirer la combinaison avant le masque,
- prendre ensuite une douche d’hygiène sur le chantier.


Retrait de parties traversantes d’ouvrages d’art et de dispositifs de soutènement

Mode opératoire et mesures de prévention L’objectif de ce mode opératoire est díéviter líémission de fibres díamiante liée à la fragmentation de líamiante-ciment. Ces travaux correspondent a priori au cas particulier du premier niveau.

Retrait de fourreaux verticaux.

Dépose de conduits d’eaux pluviales en fonte encastrés dans un fourreau en amiante-ciment :
- mettre en sécurité la sous-face du tablier par pose de clôtures au droit du conduit à déposer,
- découper le conduit en fonte à la disqueuse au plus près de la sous-face du tablier,
- déposer le conduit,
- fixer une plaque de contreplaqué surdimensionnée par spitage en sous-face du tablier,
- charger le fourreau, par le dessus, d’un coulis de ciment prise rapide,
- laisser sécher suivant les préconisations du bureau d’étude,
- positionnement de la colonne de guidage et de la carotteuse dans l’axe du conduit à déposer,
- équiper les opérateurs des EPI adaptés à l’opération de carottage,
- découper le fourreau par carottage à l’humide,
- conditionner la carotte en double peau de film en matière plastique fermé de manière étanche,
- évacuer vers zone de stockage pour conditionnement en GRV posé sur palette. Pour les fourreaux horizontaux, le même type de mode opératoire sera appliqué selon l’axe du conduit.

Retrait de canalisations en amiante-ciment enterrées La dépose de canalisations enterrées par méthode manuelle (démontage des tronçons par déboîtement) ou à l’aide d’outils à main (coupe tubes) est a priori classée en niveau 1. En revanche, l’utilisation d’outils de coupe à vitesse rapide (exemple : disqueuse, tronçonneuse) conduit à de très forts empoussièrements de niveau 3.

Mode opératoire et mesures de prévention

Dépose de conduits d’eaux pluviales en fonte encastrés dans un fourreau vertical en amiante-ciment. Les ouvrages concernés par ces travaux se trouvent généralement sur la voie publique et nécessitent une organisation de chantier intégrant notamment la prise en compte du risque routier et de la présence éventuelle de tiers à proximité. Ils doivent être organisés en fonction des informations données par le donneur d’ordre (demande de renseignements, communication des plans de recollement de réseaux) et donnent lieu, de la part de l’entreprise, à l’établis- sement d’une déclaration d’intention de commencement de travaux (DICT) auprès des exploitants des réseaux. Il convient de rappeler que tout travail en tranchée est dangereux par nature, en raison du risque d’ensevelissement et nécessite la mise en œuvre de moyens de blindage.

Pour les opérations de retrait en site avec interférence avec les usagers du domaine public ou interférences avec d’autres réseaux enterrés, ou aux points singuliers (regards, raccordements, croisements...), la méthodologie décrite ci-dessous est appliquée :
- baliser la zone de travail, mettre en place la signalétique et interdire l’accès aux tiers,
- sécuriser la tranchée vis-à-vis du risque d’ensevelissement (blindage...),
- aménager à proximité une zone pour l’habillage, le déshabillage et la décontamination des opérateurs (roulotte, zone aménagée in situ...),
- humidifier les zones à traiter, notamment au niveau des raccords, emboîtements, manchons,
- démonter sans casse les tronçons de canalisation, par désemboîtement ; à défaut, utiliser des outils manuels pour les opérations de découpe : burin et marteau, coupe tube à chaîne ou à molettes, scies à main (scie à lame carbure, scie égoïne à béton...). Proscrire les outils de découpe à vitesse rapide (tronçonneuse, disqueuse...),
- collecter les éléments de canalisation comme déchets dans un sac plastique étanche ou dans un grand récipient pour vrac adapté avec étiquetage amiante, ou les palettiser sous film plastique,
- équiper les intervenants d’une combinaison à usage unique à capuche de type 5, de gants lavables et d’un appareil de protection respiratoire à ventilation assistée (masque complet TM3P ou casque ou cagoule TH3P). Pour les chantiers sans risque d’interférence avec les usagers du domaine public et sans interférence avec d’autres réseaux enterrés, la méthodologie décrite ci-dessous permettant de réduire la présence humaine dans la tranchée pour la dépose des parties linéaires est appliquée :
- baliser la zone de travail, mettre en place la signalétique et interdire l’accès aux tiers,
- aménager à proximité une zone pour l’habillage, le déshabillage et la décontamination des opérateurs (roulotte, zone aménagée in situ, etc.). Si cette zone n’est pas à proximité, les dispositions décrites s’appliquent,

- creuser à l’aide d’une pelle mécanique pour dégager la canalisation,
- enlever avec la pelle la canalisation en évitant au maximum la fragmentation,
- mettre en tas la terre et les éléments de tuyauterie sur le bord de la tranchée,
- trier manuellement les morceaux d’amiante-ciment et les placer dans les emballages appropriés,
- équiper les intervenants d’une combinaison à usage unique à capuche de type 5, de gants lavables et d’un appareil de protection respiratoire à ventilation assistée (masque complet TM3P ou casque ou cagoule TH3P). D’autres techniques permettant d’éviter le risque amiante et l’ensevelissement peuvent être utilisées :
- doublage de la canalisation,
- chemisage,
- éclatement. La présence d’éléments ou de débris d’amiante dans le sol doit être indiquée dans le plan de récolement.


Retrait de cloisons

Les cloisons sont présentes dans les bâtiments pour délimiter les volumes intérieurs. Leurs compositions sont très diverses en fonction de leur situation dans l’ouvrage et des caractéristiques attendues : degré coupe-feu, isolation, séparation simple de locaux. Elles se retrouvent sous plusieurs formes :
- sandwich, constitué de deux plaques en amiante-ciment enfermant (ou non) un isolant amianté,
- sandwich, constitué d’une plaque de plâtre ou d’une plaque de bois reconstitué et d’une plaque d’amiante-ciment en face extérieure enfermant (ou non) un isolant amianté,
- plaque en amiante-ciment seule ou fixée sur murs préexistants,
- panneau de bois compressé, éventuellement évidé, recouvert d’un enduit dur contenant de l’amiante (Fontex) ; la liaison entre panneaux peut être constituée d’une « latte » en matériau contenant de l’amiante de type « Pical » ; dans certains cas, lorsque les cloisons doivent avoir un degré coupe-feu de 2 h, une tresse peut combler le pied ou la tête de cloison lorsque les cloisons sont vérinées. Les évidements peuvent être remplis d’amiante en vrac. Le retrait des cloisons et panneaux contenant de l’amiante friable (bourre, tresse, amiante en vrac, Pical) est réalisé conformément au chapitre 3 du présent guide.

Dans le cas de bâtiments préfabriqués construits totalement à partir de panneaux, les cloisons intérieures peuvent servir de contreventement de l’ouvrage et ne peuvent donc être retirées qu’à l’avancement du retrait de l’enveloppe extérieure. Le plan de retrait précise cette information.

Une attention particulière est portée au niveau des réservations et passages de réseaux qui ont pu être rebouchés par des produits amiantés (bourre, plâtre-amiante, ciment allégé par de l’amiante). Mode opératoire et mesures de prévention La déconstruction sera toujours privilégiée. Après les phases d’examen du principe constructif et d’analyse des risques, les mesures de prévention à mettre en place seront adaptées à chaque cas, selon :

- la configuration générale du lieu,
- la nature du bâtiment, en tenant compte notamment du maintien de sa stabilité,
- la présence d’activité technique ou industrielle à proximité de la zone de retrait,
- l’occupation d’autres locaux dans le bâtiment,
- la surface à traiter,
- la présence de MCA friables. Il est essentiel de valider sur le terrain l’adéquation de la solution technique retenue. Lorsqu’une activité humaine est maintenue dans le bâtiment pendant les travaux, il est nécessaire d’isoler la zone occupée de la zone de travail. En fonction de la configuration des locaux, une séparation horizontale ou verticale doit être mise en place. Le plan de prévention doit préciser les conditions d’accès en zone pour éviter ou gérer les interférences entre les différents personnels et leurs activités respectives (voir § 1.2.1.b). Pour les travaux de niveau 2, les mesures à mettre en œuvre consistent à :
- baliser la zone de travail et interdire l’accès aux tiers,
- vider le local de tout équipement, à défaut protéger tous les équipements restants en les enveloppant par un film en matière plastique,
- arrêter et consigner les systèmes mécaniques d’échange d’air et maintenir les fenêtres en position fermée pour éviter les courants d’air pendant toute la durée du chantier,
- isoler le chantier des autres locaux (couloir, cage d’escalier, partie de local) et obstruer les grilles d’aération et les portes par des films tendus en matière plastique, joints aux supports de manière étanche à l’air sur la totalité de leur pourtour et résistants,
- nettoyer le sol et le protéger si nécessaire pour faciliter le nettoyage en fin de chantier, cette protection prenant en compte l’utilisation de matériels de manutention des panneaux,
- utiliser un matériel d’accès en hauteur en adéquation avec les travaux à réaliser (configuration du bâtiment, poids et dimensions des plaques...),
- protéger le plancher du matériel d’élévation par un film en matière plastique éventuellement recouvert d’un matériau antidérapant (géotextile...),
- aménager un seul accès à la zone permettant la sortie du personnel par l’installation de décontamination,
- assurer mécaniquement le renouvellement de l’air d’au moins quatre volumes par heure, à l’aide d’extracteur(s) d’air avec rejet extérieur de l’air,
- équiper les intervenants d’une combinaison à usage unique à capuche de type 5, de gants lavables et d’un appareil de protection respiratoire à ventilation assistée (masque complet TM3P ou casque ou cagoule TH3P),
- vérifier le principe constructif en procédant à la dépose de couvre-joints, de plinthes, à la recherche de vérins, dispositifs de fixation,
- utiliser des outils manuels ou des outils de type dévisseuse. Dans le cas de découverte d’éléments de fixation indémontables, une casse limitée de l’élément, en travaillant au mouillé par pulvérisation, peut être envisagée,
- soulever et dégager les panneaux puis les déposer avec précaution sur le matériel d’élévation. La présence de plusieurs personnes et de moyens de manutention adaptés est nécessaire pour réaliser ces opérations sans altération des panneaux,
- nettoyer les structures et le sol par aspiration avec un appareil équipé d’un filtre THE puis par lavage,
- réaliser un examen visuel sur la totalité des surfaces pour s’assurer de la qualité des travaux de retrait et le consigner. Pour l’évacuation des matériaux, il est parfois nécessaire de procéder à la découpe des panneaux. La découpe peut être à l’origine d’empoussièrements très élevés. Elle doit être effectuée, soit par des outils manuels ou à vitesse lente, soit dans une zone confinée et mise en dépression avec les équipements appropriés.

Retrait de faux plafonds en amiante-ciment

Les faux plafonds en amiante-ciment sont généralement posés sur une ossature métallique et parfois vissés ou cloués sur une ossature en bois. Les conditions de leur retrait dépendent de la pollution de la face supérieure, selon qu’ils sont situés sous un autre matériau contenant de l’amiante plus ou moins dégradé (exemple : flocage, projection plâtreuse, toiture en amiante-ciment), ou recouverts d’un matelas d’isolant en fibres minérales artificielles. L’examen du rapport de repérage avant travaux des matériaux contenant de l’amiante et des éventuels compléments de recherche s’avèrent donc nécessaires.

Les faux plafonds en matériau de type « Pical®  » ne sont pas concernés par ce para- graphe et sont traités comme des matériaux friables (chapitre 3). Retrait de faux plafonds en amiante-ciment posés Mode opératoire et mesures de prévention Pour la dépose des faux plafonds en amiante-ciment posés dont la face supérieure n’est pas polluée, les mesures de niveau 1 à mettre en œuvre consistent à :
- baliser la zone de travail et interdire l’accès aux tiers,
- vider le local de tout équipement, à défaut protéger tous les équipements restants en les enveloppant par un film en matière plastique,
- arrêter et consigner les systèmes mécaniques d’échange d’air et maintenir les fenêtres en position fermée pour éviter les courants d’air pendant toute la durée du chantier,
- isoler le chantier des autres locaux (couloir, cage d’escalier, partie de local) et obstruer les grilles d’aération et les portes par des films tendus en matière plastique, joints aux supports de manière étanche à l’air sur la totalité de leur pourtour et résistants,
- nettoyer puis protéger le sol et les murs (films de propreté) pour récupérer les débris éventuels et faciliter le nettoyage en fin de chantier,
- utiliser un matériel de travail en hauteur (échafaudage, PIRL), en adéquation avec les travaux à réaliser (configuration du bâtiment, poids et dimensions des plaques...),
- prévoir les moyens de manutention adaptés à l’importance du chantier ; les conditions de décontamination de ces moyens devront être précisées au plan de retrait,
- assurer mécaniquement le renouvellement de l’air (60 m3/h/personne, articles R. 4222-1 et suivants du code du travail),
- aménager un accès à la zone,
- équiper les intervenants d’une combinaison à usage unique à capuche de type 5, de gants lavables et d’un appareil de protection respiratoire à ventilation assistée (masque complet TM3P ou casque ou cagoule TH3P),
- retirer les plaques sans les casser, les évacuer de la zone,
- nettoyer toutes les structures (aspiration, lavage) en place si elles sont conservées. Si les structures sont supprimées, les décontaminer ou les éliminer comme déchet amiante,
- nettoyer le matériel de travail en hauteur et de manutention,
- réaliser un examen visuel sur la totalité des surfaces pour s’assurer de la qualité des travaux de retrait et le consigner. Retrait de faux plafonds en amiante-ciment cloués ou vissés Dans ce type de retrait, l’enlèvement des fixations entraîne souvent la casse des faux plafonds en amiante-ciment. En cas de casse, les mesures de niveau 2 à mettre en œuvre consistent à :

- confiner les locaux,
- aménager un accès à la zone permettant l’entrée et la sortie du personnel par l’installation de décontamination,
- assurer mécaniquement le renouvellement de l’air d’au moins 4 volumes par heure à l’aide d’extracteurs d’air, le volume prenant en compte l’espace au-dessus des faux plafonds,
- dépoussiérer, à l’avancement, la face supérieure des plaques et/ou fixer les poussières par pulvérisation d’eau additionnée d’un produit tensio-actif,
- retirer les plaques en débutant par celles les plus éloignées des extracteurs.


Élimination des déchets

Les déchets de matériaux en amiante-ciment doivent être mis sur palettes ou dans des racks de dimensions supérieures à celles des matériaux, recouverts d’un film en matière plastique. Les emballages doivent être décontaminés avant leur sortie de la zone polluée. Le dernier emballage est réalisé dans une zone non polluée ou dépolluée. Les déchets sont ensuite acheminés vers une installation de stockage autorisée de classe 2 ou 3. Les déchets doivent être évacués du chantier avant d’engager d’autres phases de travaux, notamment de démolition.

Les déchets de matériels et équipements (protections jetables, filtres, etc.), ainsi que les déchets issus du nettoyage (débris et poussières), doivent être conditionnés dans des doubles sacs étanches étiquetés et doivent être acheminés vers une installation de stockage de classe 1, ou une installation de traitement par vitrification. La gestion des déchets est effectuée conformément aux prescriptions du guide INRS ED 6028 « Exposition à l’amiante lors du traitement des déchets ».