Travaux de retrait ou d’encapsulage de MCA friables

Travaux de retrait


Travaux de retrait

Enlèvement et mise à nu du support

Les techniques d’enlèvement sont choisies de façon à :
- limiter l’exposition des travailleurs aux fibres d’amiante pendant les travaux de retrait, brossage et nettoyage,
- réduire au niveau le plus faible possible l’émission de fibres dans l’environnement du chantier,
-  faciliter la gestion, l’enlèvement des débris et l’élimination des MCA, en fonction de la nature et de la géométrie du support,
-  réduire à un niveau acceptable la charge physique des salariés, compte tenu de la pénibilité et des contraintes de ces chantiers.

Les techniques existantes sont variées :

- grattage manuel en phase humide ou exceptionnellement à sec pour des surfaces limitées,
- grattage mécanisé avec captage des débris à la source,
- enlèvement sous jet à basse, moyenne, haute et ultra-haute pression (10 à 2 000 bars), avec ou sans additif dans l’eau,
- sablage, grenaillage, projection de granulés synthétiques,
- burinage,
- projection de glace carbonique (cryogénie),
- etc.

Certaines techniques très émissives comme la cryogénie, le décapage ultra-haute pression, doivent être réservées à des cas très particuliers et leur utilisation doit être dûment justifiée. Sauf exceptions et quelle que soit la technique choisie, l’enlèvement est effectué après imprégnation la plus complète possible du matériau. Le produit d’imprégnation sera coloré pour permettre de contrôler qu’il a bien pénétré à cœur les MCA. Lors de son séchage, il ne doit ni durcir ni polymériser, afin de ne pas emprisonner ou coller des particules de MCA sur les supports. Une imprégnation bien maîtrisée permet d’abaisser de manière significative le degré d’empoussièrement dans la zone confinée et donc de limiter l’exposition des salariés. Le niveau d’empoussièrement doit être le plus faible possible ; des niveaux inférieurs à 1 fibre/cm3 sont couramment rencontrés dans les chantiers de retrait où les MCA sont correctement imprégnés à cœur.


Une attention particulière doit être portée à la phase brossage des supports qui génère beaucoup de poussières lorsque celle-ci est réalisée à sec. Le mouillage préalable de la surface, effectué avant le brossage, avec de l’eau éventuellement additionnée d’un agent mouillant (savon liquide ou autre), suivi d’un lavage des surfaces concernées, réduit notablement la concentration en fibres d’amiante dans la zone où évolue l’opérateur. Quelle que soit la technique mise en œuvre, les salariés doivent être formés à son utilisation tant sur la technique que sur la connaissance des risques. Chacune de ces techniques présente des avantages et inconvénients différents en fonction de la nature ou de la configuration du chantier. L’entreprise, avant de décider l’emploi d’une technique, doit en évaluer les risques en tenant compte des éléments suivants :

pour les salariés :
- empoussièrement du chantier et limites d’efficacité des protections respiratoires,
- conditions de travail aggravées par des postures de travail inconfortables (couché, accroupi, etc.),
- risque de troubles musculosquelettiques des membres supérieurs,
- risque de blessure par jet à haute pression,
- risque lié à la présence de silice, de gaz carbonique (CO2), de solvants...,
- conditions de manutention et d’élimination des déchets liquides, des boues,
- etc.

pour l’environnement du chantier :
- exfiltration d’eau polluée,
- rupture de confinement,
- projection de MCA à l’extérieur de la zone confinée, notamment en tête de certaines cloisons séparatrices de zones ou de locaux,
- etc.


Cas particulier du retrait à sec des MCA friables

Le retrait de MCA à sec provoque un empoussièrement qui peut atteindre plusieurs centaines de fibres/cm3. Il doit être dûment justifié. Lorsque cette technique doit être utilisée (présence de matériels électriques devant rester impérativement en fonctionnement et dont l’isolement, y compris des courants induits, n’est pas garanti), les surfaces traitées sont limitées à des surfaces les plus réduites possible, pour lesquelles il n’est techniquement pas possible de mettre en œuvre une protection sûre de l’installation. Après ce retrait, les matériels seront protégés pour permettre un traitement à l’humide des autres surfaces. Cas particulier du retrait de MCA friables dans un sac à gants Le sac à gants peut se présenter sous des formes diverses et porter des appellations différentes : boîte à gants, sac à manches, glove bag, sac couveuse, bâche à gants, etc.

La technique du sac à gants peut être utilisée comme moyen de réduction des émissions de poussières dans une zone de travail calfeutrée et confinée. Fabriqué à partir d’un film en matière plastique, il est sensible à la déchirure ou au poinçonnement et peut alors entraîner une émission de poussières d’amiante, en particulier lors de :
- l’enlèvement des tôles de protection du calorifugeage,
- l’utilisation des outils nécessaires au retrait du MCA.

Par ailleurs, lors de l’enlèvement du sac à gants, il peut également survenir une pollution importante, généralement consécutive à :
- une imprégnation et un mouillage insuffisants des MCA déposés,
- une mauvaise manipulation alors que le sac à gants est ouvert,
- une protection incorrecte des MCA laissés en place. Les salariés doivent recevoir une formation particulière à la mise en œuvre de cette technique.

Encapsulage de MCA

Les techniques d’encapsulage de MCA.

Elles sont choisies en fonction de leurs caractéristiques propres à assurer une protection efficace du MCA contre le risque d’émission ultérieure de fibres dans le bâtiment. Les conditions de mise en œuvre de ces techniques sont définies de façon à :

- limiter l’exposition des travailleurs aux fibres d’amiante,
- réduire au niveau le plus faible possible l’émission de fibres dans l’environnement du chantier,
- maintenir à un niveau acceptable la charge physique des salariés compte tenu de la pénibilité et des contraintes de ces chantiers. Ces techniques sont en particulier utilisées lorsque le retrait total de MCA ne peut être réalisé, comme par exemple en têtes de cloisons, les gaines laissées en place, les recoins inaccessibles, les hourdis, etc. L’entreprise a l’obligation d’informer le donneur d’ordre des zones encapsulées et des techniques employées.