Travaux préparatoires au retrait ou à l’encapsulage de MCA friables

Travaux préparatoires


Travaux préparatoires

Les travaux préparatoires aux travaux de retrait ou d’encapsulage de MCA friables vont consister à :

- réaliser une installation de décontamination qui permet aux salariés de s’équiper et de se décontaminer dès les travaux préparatoires, s’ils nécessitent le port de protections corporelle et respiratoire,
- mettre en œuvre les moyens pour éviter d’exposer, pendant les travaux, toutes personnes affectées ou non aux travaux (salariés d’autres entreprises, personnes fréquentant les locaux : public, salariés du donneur d’ordre),
- délimiter et signaler les zones dans lesquelles des mesures de protections collective et individuelle sont à mettre en œuvre, en fonction de la nature des travaux,
- isoler la zone d’intervention,
- calfeutrer les entrées d’air,
- éviter de contaminer les équipements et surfaces pendant la phase de traitement, confiner,
- mettre la zone en dépression,
- faciliter le nettoyage après traitement des MCA.


Isolement de la zone de travail

L’isolement de la zone de travail a pour objectif :

- de créer une séparation physique résistante entre le lieu où se déroulent les travaux de retrait ou d’encapsulage de MCA et les zones avoisinantes,
- de délimiter la zone dans laquelle des mesures de protections collective et individuelle des salariés sont mises en œuvre en fonction de la nature des travaux. Avant d’isoler la zone de travail, un état initial de la pollution du local ou des lieux doit être réalisé. Les éléments nécessaires à l’évaluation des risques induits par les travaux préparatoires sont obtenus par :
- des mesures d’empoussièrement dites point 0 ou état initial, réalisées conformément à la norme NF EN ISO 16000-7 et à son guide d’application GA X 46-033. Pour donner une réelle signification à ce prélèvement, la norme prévoit la simulation d’une activité par mise en action de ventilateurs qui brassent l’air ;
- des prélèvements de poussières. Les préconisations en matière de prélèvement de la norme ASTM D 6080, 2005, peuvent utilement être suivies.


La dégradation des matériaux doit être prise en compte.

Quel que soit le résultat de l’analyse d’air, des émissions importantes de fibres d’amiante peuvent survenir lors des phases préparatoires ; l’évaluation des risques, éventuellement vérifiée par un contrôle du niveau d’empoussièrement, définit la nature des équipements de protection respiratoire nécessaires pendant cette phase des travaux.

Les opérations d’isolement de la zone comprennent :
- la pose, si cela est nécessaire, de parois rigides pour séparer la zone traitée des zones avoisinantes ; la constitution de séparations de zone, réalisées avec des films en matière plastique fixés sur une ossature doit être évitée à chaque fois que cela est possible, en raison des risques importants de déchirure, d’arrachement, etc.,
- la mise en place et en fonctionnement dès que possible du tunnel d’accès afin que les salariés puissent respecter les procédures d’équipement et de décontamination lors de leurs entrées et de leurs sorties effectuées pendant les travaux préparatoires,
- la mise en œuvre d’un ou plusieurs extracteurs d’air munis de filtres à haute efficacité destinés à assainir la zone de travaux, notamment en cas d’émission de fibres d’amiante consécutive à des chocs contre les MCA et à la mise en suspension de poussières contaminées. Quand la zone à isoler se trouve à l’air libre, et de ce fait exposée aux intempéries, toutes les mesures de protection et de renforcement supplémentaires de l’isolement sont prises pour éviter les risques de destruction de l’enceinte et de contamination de l’environnement, tels que la construction d’échafaudages adaptés au site. Ces travaux d’isolement peuvent être effectués de l’extérieur de la zone à traiter et ne pas être source d’une émission de fibres.


Calfeutrement de la zone de travail

Le calfeutrement de la zone de travail, entrepris après l’isolement, consiste à créer une enceinte la plus étanche possible en opérant un bouchage des entrées d’air. L’objectif du calfeutrement est de pouvoir maintenir la zone en dépression sans recourir à l’utilisation des films en matière plastique, qui seront employés ultérieurement pour limiter la pollution des parois, des sols ou des matériels restant dans la zone de travaux. Dès le début des opérations de calfeutrement, les extracteurs sont mis en fonctionnement et la dépression surveillée pour en connaître l’évolution. Pour la partie des travaux de calfeutrement n’entraînant pas de risque d’émission de fibres ou de contact avec les MCA (par exemple sous un faux plafond fermé en bon état ou un calorifugeage dur en bon état), ces travaux peuvent être envisagés sans le port d’appareils de protection respiratoire, suivant les résultats de l’analyse des risques de l’entreprise. Dans le cas contraire, dès le début de cette phase, le personnel doit porter des appareils de protection respiratoire adaptés (à ventilation assistée de préférence, dès lors que ces travaux nécessitent des efforts soutenus). Si une partie du calfeutrement doit être menée en contact ou à proximité des parties à traiter, ces travaux sont réalisés dans le cadre du confinement statique.

Le calfeutrement peut être réalisé par :
- pose de rubans adhésifs autour des fenêtres et portes ou d’un film en matière plastique recouvrant complètement l’ouverture,
- bouchage des trous existants à l’aide de mousse expansible, de bandes plâtrées, d’enduits, etc., au niveau des passages des câbles, des tuyauteries, etc. Il est à noter que le calfeutrement est complété, si besoin est, au fur et à mesure du déroulement du traitement en fonction de la découverte d’entrées d’air (joints de construction, joints de dilatation, têtes de cloisons, etc.), comme par exemple lors du retrait d’un flocage en sous-face d’une toiture en plaques ondulées. Le calfeutrement peut aussi être réalisé par l’extérieur, en utilisant par exemple des films thermorétractables.

Nettoyage des matériels à évacuer et de ceux restant en place

En fonction de leur proximité des MCA et des risques d’émission de fibres d’amiante (par exemple l’enlèvement de faux plafonds), le nettoyage et l’évacuation de certains matériels et matériaux ne pourront être effectués qu’après confinement partiel ou complet de la zone. Après l’isolement et le calfeutrement de la zone de travail, les matériels et matériaux qui n’ont pas pu être retirés au cours des travaux préliminaires seront démontés, et traités selon une ou l’autre des techniques ci-dessous (combinables entre elles) :

- dépoussiérage soigné à l’aide d’aspirateurs munis de filtres à très haute efficacité,
- lavage dans un bac ou dans le tunnel à déchets (l’eau de lavage est ensuite filtrée avant son rejet à l’égout),
- nettoyage au chiffon humide,
- pour ce qui ne peut pas être décontaminé, vaporisation d’un fixateur de fibres et conditionnement dans un film en matière plastique, puis évacuation vers le centre d’élimination de déchets approprié. Les matériels restant dans la zone de travaux : gaines, chemins de câbles, machines, tuyauteries calorifugées, etc., sont nettoyés selon l’une des techniques décrites, puis recouverts d’un double film en matière plastique rendu étanche et solidement fixé. À ce stade des travaux préparatoires, des interventions peuvent être réalisées par des entreprises spécialisées autres que celles qui traitent les MCA (climatisation, chauffage, électricité, incendie, etc.), en sous-traitance de celle-ci ou en contrat direct avec le donneur d’ordre. Elles sont réalisées en respectant les règles prévues pour les activités et interventions sur matériaux amiantés du code du travail. Chaque entreprise spécialisée établit le mode opératoire prévu à l’article R. 4412-140. La co-activité entre les différentes entreprises est organisée par le donneur d’ordre, ou son représentant, pour veiller en particulier au respect des procédures d’entrée et de sortie de zone et au port de protections respiratoires en lien avec l’entreprise de désamiantage. 3.11.4. Confinement Le confinement de la zone à traiter poursuit les objectifs principaux suivants :
- permettre une décontamination facile de la zone traitée en fin d’opération,
- maintenir un flux permanent d’air neuf, de l’extérieur vers l’intérieur de la zone de travail,
- éviter la contamination de l’extérieur par les fibres d’amiante. a) Confinement statique (pose des films en matière plastique) Le volume à confiner est par exemple :
- la totalité du local à traiter et préalablement calfeutré, dans le cas d’une pièce de volume limité, compatible avec les caractéristiques des extracteurs d’air ;
- une partie du local à traiter et préalablement calfeutré si le volume des locaux nécessite un découpage en zones successives de travail d’une taille plus réduite. Cette réduction de volume est réalisée à l’aide de cloisons rigides ou de plates-formes ;
- un volume réduit, pour les locaux de grande hauteur, par la construction d’une plate-forme complète rendue étanche à l’air et à l’eau ;
- un volume réduit réalisé à partir d’une ossature rigide, construite autour d’un équipement ou d’une installation. Généralement, le confinement statique consiste, après un nettoyage des surfaces à recouvrir, en la pose de films en matière plastique fixés par des rubans adhésifs ou agrafés et collés sur les parois rigides (existantes ou créées) ainsi que sur le sol.

Les parois sont recouvertes de deux films, dont la résistance à la pénétration (Dart test) est au minimum de 300 g chacun (NF EN ISO 7765-1), afin de limiter les risques de pollution et de faciliter les travaux futurs. Les sols, plus sollicités que les parois, reçoivent deux films en matière plastique renforcés, dont l’épaisseur est définie en fonction des risques de poinçonnement pendant le chantier. Le film, qui est au contact du sol, peut être remplacé par des produits d’une autre nature, présentant des caractéristiques au moins équivalentes de résistance, d’étanchéité et de décontamination (par exemple plaques métalliques, linoléum, membranes en polypropylène...). Lors de la pose du double film en matière plastique, les lés sont superposés avec un décalage d’environ une demi-largeur ou posés perpendiculairement. Ceux d’une même couche sont posés avec un recouvrement d’au moins 20 cm.

Compte tenu des risques importants d’incendie sur ce type de chantier (les combinaisons des salariés et films en matière plastique étant inflammables), les travaux avec flamme ou projection d’étincelles sont prohibés. S’il s’avère nécessaire de recourir à ces travaux, des mesures adaptées de surveillance et d’extinction par du personnel spécialement formé sont mises en place. Si, en fonction de la configuration du chantier, l’évacuation d’un blessé ne peut se faire par le tunnel d’accès, une issue de secours est préparée et matérialisée sur les films en matière plastique ; les moyens pour la fermeture immédiate, placés à proximité de la pseudo-ouverture, sont visibles et facilement accessibles. Pour permettre une meilleure communication entre l’intérieur et l’extérieur de la zone, il est possible d’insérer une surface transparente résistante au niveau du confinement. La mise en place d’une caméra vidéo peut être envisagée dans les conditions prévues par la réglementation (règlement intérieur de l’entreprise, PGC, etc.).

Confinement dynamique

Il consiste à créer un flux d’air propre et permanent pendant toute la durée du chantier, de l’extérieur vers l’intérieur de la zone des travaux. La température de l’air traversant le tunnel d’accès doit être compatible avec la prise de douches. Cette circulation d’air est obtenue par la mise en œuvre d’extracteurs (unités déprimo- gènes). Elle assure d’une part le maintien en dépression de la zone de travail, d’autre part le renouvellement de l’air dans l’enceinte confinée. Les extracteurs doivent assurer la circulation nécessaire d’air à travers le tunnel d’accès et le maintien en dépression de la zone, tout en renouvelant l’air. Les filtres retenant les poussières créent une perte de charge sans cesse croissante, aussi est-il recommandé de prévoir des extracteurs capables de fournir un renouvellement d’au moins six volumes par heure, lors des tests en début de chantier. Le taux de renouvellement au cours du chantier ne doit en aucun cas être inférieur à 4 volumes par heure.

Le tunnel d’accès doit assurer l’entrée de l’air en zone. L’extraction d’air est dimensionnée de manière à garantir une vitesse d’air de 0,5 m/s, sur toute la section du tunnel, lorsque toutes les portes du tunnel sont ouvertes. En vue d’assurer un meilleur balayage de la zone confinée, il est possible de créer des entrées d’air, munies d’un clapet anti-retour, calculées et dimensionnées pour que le balayage du tunnel soit effectif et que le renouvellement de l’air soit correct.


Si les tests de fumée révèlent l’existence de zones mortes, des circulateurs d’air munis de filtres à très haute efficacité peuvent être utilisés. Les conditions d’utilisation de ces circulateurs sont étudiées avant le démarrage des travaux et font l’objet d’une analyse de risques particulière qui est intégrée au bilan aéraulique. Il est indispensable de vérifier que l’utilisation de ces circulateurs ne risque pas de mettre en surpression une partie de la zone confinée et de favoriser ainsi l’émis- sion de fibres vers l’extérieur ou de souffler vers des MCA friables.

Le niveau de dépression doit être voisin de 20 Pa. Des dispositifs de contrôle permanent sont mis en place pour s’assurer que la dépression atteint toujours un niveau minimal de 10 pascals (Pa). Un enregistrement permanent des données est réalisé. Un extracteur de sécurité doit être prévu afin de garantir le maintien de la dépression. Les extracteurs doivent être maintenus en fonctionnement 24 heures sur 24 pendant toute la durée des travaux. Un nombre suffisant d’extracteurs est alimenté par une installation de secours (groupe électrogène, réseau de courant secouru) pour maintenir la dépression. L’air extrait est filtré avant rejet avec, en phase ultime de filtration, l’utilisation d’un filtre à très haute efficacité (classe H13 ou H14 de la norme NF EN 1822). Il est recommandé de prévoir plusieurs étages de filtration en amont du filtre à très haute efficacité. Ceux-ci provoquent des pertes de charges conséquentes, dont il faut tenir compte lors du dimensionnement des extracteurs, mais augmentent sensiblement la durée de vie du filtre à très haute efficacité. Pour prévoir et dimensionner le matériel nécessaire à la maîtrise des flux d’air, il est nécessaire d’effectuer un bilan aéraulique du chantier selon la méthode proposée dans le document intitulé « Le bilan aéraulique des chantiers d’amiante », édité par l’INRS3. Le bilan aéraulique permet d’adopter une démarche rigoureuse, étape par étape. Il assure la maîtrise des risques par la prévision en amont du matériel nécessaire à mettre en œuvre et par la limitation des improvisations sur chantier. Cette méthode permet de dimensionner les moyens de ventilation à prévoir sur le chantier : extracteurs, entrées d’air, tunnel personnel, tunnel à déchets, sens des flux d’air...

Les mesures sur chantier permettent de valider les hypothèses et assurent un retour d’expérience, facteur de progrès pour la prévention des risques professionnels liés au désamiantage. Le bilan aéraulique prévisionnel, associé à un plan d’implantation du matériel doit être inclus dans les plans de retrait.


Validation du bilan aéraulique

Lorsque le confinement est achevé et avant d’entreprendre le traitement des MCA, la vérification du bilan aéraulique et des tests de fumée sont réalisés ; ils sont destinés à vérifier :
- l’étanchéité du confinement,
- les conditions de balayage de la zone confinée, en particulier du tunnel, par les flux d’air ; si ce balayage est insuffisant (présence de zones mortes), le fractionnement des débits par la mise en place de différents extracteurs et l’équilibrage des entrées d’air peut améliorer la situation,
- les capacités d’extraction réelles des extracteurs.

Test de fumée Pour les parties de la zone confinée accessibles de l’extérieur : il est alors possible de maintenir en dépression la zone (extracteurs en fonctionnement) et d’émettre de la fumée à l’extérieur de l’enceinte, notamment au niveau des raccords de cloisons, des pénétrations des réseaux, des ouvrants, etc. ; la vérification de l’étanchéité du confinement s’effectue par l’intérieur de la zone en recherchant les entrées de fumée. Les tunnels sont vérifiés suivant la même méthodologie.

Vérification du bilan aéraulique Les mesures aérauliques des flux entrants et sortants sont réalisées à l’aide d’un anémomètre. Les résultats sont comparés au bilan aéraulique prévisionnel et des actions correctives sont éventuellement mises en place.

Tous les résultats de cette validation (tests de fumée, mesures aérauliques) sont enregistrés et consultables sur chantier. Ces tests seront réalisés périodiquement pendant le chantier, en particulier après une absence de travail prolongée (week-end) ou lors d’une chute importante de dépression non expliquée. Lorsque le traitement ne concerne qu’une partie d’un bâtiment, il est conseillé de réaliser un test de fumée avant les mesures de restitution, afin de s’assurer que la zone ne peut pas être contaminée par des fibres migrant d’autres locaux annexes (par exemple cloisons de séparation venant reposer contre le flocage d’une poutre). En cas d’entrée d’air, les orifices constatés sont rebouchés.


Tunnel d’entrée et de sortie

Le tunnel, dont la conception doit assurer son balayage par l’air entrant, est le seul accès pour le personnel à la zone confinée ; il comprend, pour les travaux de retrait ou d’encapsulage de MCA friables, cinq compartiments.