Mise en oeuvre et limites des techniques d’identification

Mise en oeuvre


Mise en oeuvre et imites des techniques d’identification

La microscopie optique en lumière polarisée (MOLP) est une technique très complète, qui permet l’identification des fibres par leurs propriétés optiques (morphologie, pléochroïsme, biréfringence, extinctions caractéristiques, signe de l’allongement et indice de réfraction). Son pouvoir séparateur est limité, comme celui de la microscopie optique en contraste de phase (MOCP). Ceci ne constitue toutefois pas une réelle limitation car les fibres présentes dans des matériaux ont une granulométrie plus grossière que les fibres en suspension dans l’air. Toutefois pour certains matériaux, et en cas de doute, un complément éventuel par microscopie électronique analytique peut être nécessaire.

La microscopie optique à contraste de phase (MOCP) ne permet pas d’identifier les fibres d’amiante. Les fibres sont dénombrées uniquement sur des critères dimensionnels, sans indication de leur nature réelle, ce qui présente une difficulté lorsqu’on est confronté à un produit composé d’un mélange de fibres comme par exemple dans des éléments de faux plafonds ou des matériaux en vinyle-amiante. De plus, les performances du microscope optique sont telles que seules les fibres dont la largeur est supérieure à quelques dixièmes de microns seront observées. Cette technique mesure donc un index de la pollution. Elle a servi de base aux enquêtes épidémiologiques réalisées dans l’industrie de l’amiante et est la seule utilisable pour situer les concentrations en fibres par rapport à la valeur limite d’exposition. Le ministère du Travail a mis en place des règles d’accréditation des organismes qui interviennent selon cette technique.

La microscopie électronique à balayage analytique (MEBA) a, pour une utilisation de routine, un pouvoir séparateur au moins équivalent à la microscopie optique à contraste de phase (MOCP). Par contre, une certaine forme d’identification est possible en déterminant la composition chimique des fibres, sans toutefois qu’il soit possible d’aller au bout de la démarche en identifiant la structure cristalline.


Dans le cadre de la réglementation, cette technique ne peut servir que de complément pour l’identification des fibres dans les matériaux, mais pas pour la mesure de la concentration en fibre dans l’air. Cette technique est parfois utilisée pour contrôler en routine l’environnement du chantier. La microscopie électronique à transmission analytique (META) est une technique beaucoup plus complète, parce qu’elle permet de voir toutes les fibres, quelle que soit leur largeur. Cette technique donne la possibilité d’identifier les fibres d’amiante par la microanalyse X, qui permet de déterminer la composition chimique des fibres et la diffraction électronique qui donne accès à la structure cristalline. C’est cette technique qui a été utilisée pour mesurer le fond de pollution en fibres d’amiante dans l’air ambiant ; elle est employée à la fois pour préciser la nature des fibres contenues dans un échantillon d’un matériau, pour indiquer la concentration en fibres d’amiante dans l’air d’un local pendant la phase de diagnostic de l’état de dégradation d’un flocage ou d’un calorifugeage, lors de la fin des travaux avant de retirer le confinement du chantier et enfin avant la réoccupation des locaux après des travaux (par leurs occupants habituels ou par des salariés d’autres entreprises).

L’AFSSET a préconisé l’utilisation de cette méthode en milieu professionnel pour le contrôle de la VLEP. Toutes ces techniques analytiques nécessitent pour leur mise en œuvre du personnel expérimenté ; des circuits intercomparaisons, organisés tant en France qu’à l’étranger, sont un des éléments du contrôle qualité des laboratoires.