Prélèvements et analyses en META

Prélèvements et analyses en META


Les prélèvements et analyse en META

En dépit du nombre limité de données recueillies dans cette étude, celles ci sont réparties de manière très largement différente en comparaison de celles disponibles dans la base SCOLA. On y observe qu’il y a à la fois proportionnellement plus de mesures à faible concentration (inférieures à 10 f/l) et proportionnellement plus de mesures à forte concentration (supérieures à 100 f/l) dans les données de cette étude comparativement aux données SCOLA. La base SCOLA ne recense aucune donnée relative aux situations « terrains amiantifères » et « centre de stockage de déchets ». L’insuffisance du nombre de données correspondantes dans l’étude ne permet pas de conclure sur ces situations. La faible proportion de mesures de fortes concentrations dans SCOLA s’explique en raison de la technique de mesure par MOCP qui sous estime probablement l’exposition aux fibres OMS. Elle peut aussi s’expliquer par le non-renseignement des valeurs par les laboratoires dans la base SCOLA lorsque les échantillons sont très chargés en fibres et ne peuvent pas être analysés directement. Dans le même esprit, la proportion de mesures surestimées en MOCP dans la gamme des faibles concentrations dans SCOLA, par rapport à la META dans la campagne peut s’expliquer par la limite de sensibilité analytique de la MOCP moins performante que celle de la META. Les résultats de la campagne montrent que la méthodologie de prélèvement définie dans le protocole permet de réaliser le comptage des fibres d’amiante en META des plus faibles aux plus forts empoussièrements observés (étendue allant de la limite de détection à plus 250 000 f/l). En matière d’analyse, le mode opératoire décrit dans le protocole permet d’obtenir la sensibilité analytique requise pour le contrôle d’une éventuelle future VLEP fixée à 10 f/l. La méthode de fractionnement des filtres est adaptée à l’analyse des situations des moins aux plus empoussiérées observées.

Il convient de préciser que parallèlement à cette campagne de mesure, un groupe de travail AFNOR a engagé la révision de la norme XP X 43-269 afin de répondre à une probable évolution réglementaire du mesurage de la concentration en fibres d’amiante dans l’air des lieux de travail. En raison du retard pris lors de cette campagne et de la courte échéance laissée pour les travaux de cette révision de norme, le groupe a travaillé sur la base de trois postulats :
- un abaissement de la valeur limite de 0,1 f/cm3 (100 f/l) sur 1 heure de travail à 10 f/l sur 8 heures de travail ;
- les prélèvements se font sur la base de ce qui a été élaboré dans le cadre de la campagne de mesures, à savoir sur cassettes ouvertes avec filtres de 37 mm de diamètre et à un débit de 3 l/min ;
- l’analyse de tout ou partie des filtres de prélèvement est effectuée par méthode indirecte, conformément à ce qui est décrit dans la norme NF X 43-050. La révision de cette norme a donc pris en compte le cas des fibres d’amiante dont la concentration dans l’air des lieux de travail devait être calculée sur la base d’analyses effectuées par META. Elle fait référence à la norme NF X 43-050 pour la partie analyse et au guide d’application normatif associé à la stratégie d’échantillonnage GA X 46-033, révisé conjointement à la norme. Des recommandations sur la partie prélèvement en vue de l’analyse en META seront faites sur la base des résultats / conclusions de cette campagne pour y être intégrées dans la norme. Toutefois, dans l’éventualité où une valeur limite d’exposition professionnelle court terme (VLCT) serait proposée, le groupe de travail en charge de cette révision s’est déjà prononcé sur l’impossibilité technique de contrôler le respect de cette valeur.