Facteurs de protection des APR

Facteurs de protection des APR


Facteurs de protection des APR

La surveillance par un agent de l’inspection du travail durant la campagne a contribué à la mise en œuvre de bonnes pratiques de prévention. En situation de travail de routine, les niveaux moyens d’empoussièrement observés pourraient se rapprocher des valeurs maximales observées dans cette campagne. Ce constat est corroboré lorsque l’on compare les résultats aux niveaux d’empoussièrement attendus définis par les entreprises dans le cadre du protocole. En effet, parmi les concentrations prédéterminées par les entreprises (sur la base de leur expérience), les résultats moyens obtenus dans la campagne montrent une surévaluation d’environ la moitié de ces niveaux. L’INRS recommande la prise en compte des concentrations maximales observées en fibres [OMS+FFA] dans cette étude pour déterminer les facteurs de protection nécessaires à la réalisation des chantiers. Les résultats de l’étude montrent les limites des APR actuellement utilisés sur les chantiers de désamiantage pour certains matériaux. En effet, certaines situations nécessiteraient un FPA de plus de 6000 pour une VLEP fixée à 10 f/l, et de plus de 600 pour respecter la VLEP actuelle. Or le facteur de protection en situation de travail (facteur de protection assigné – FPA) le plus élevé est de 250 (adduction d’air). L’utilisation d’appareils de protection respiratoire à adduction d’air à la demande à pression positive permettrait d’améliorer le facteur de protection. Toutefois, nous ne disposons pas des valeurs de FPA pour cette catégorie spécifique d’appareils. Les APR isolants autonomes permettent d’obtenir des FPA de 1000 à 2000 mais ils sont difficilement envisageables sur des chantiers de retrait d’amiante (non décontaminables, lourds, encombrants, autonomie limitée dans le temps). L’INRS recommande de mener des études permettant d’établir les facteurs de protection en situation de travail des appareils de protection respiratoire sur la base d’analyse en META, en visant en priorité les APR les plus performants (appareils isolants) et les plus utilisés (filtrants de type TM3P).

La mise en place d’un programme de protection respiratoire permettrait également d’augmenter le FPA. Ce programme consiste à appliquer une méthode de choix des appareils de protection respiratoire telle que décrite dans la norme NF EN 529 ou le guide INRS ED 6106 - Les appareils de protection respiratoire - Choix et utilisation. La quatrième étape de ce programme consiste à réaliser des tests d’ajustement des APR. L’objectif de ces essais est de sélectionner pour chaque porteur, le modèle et la taille qui permettent d’obtenir la meilleure étanchéité avec le visage. Des tests quantitatifs réalisés sur l’opérateur exécutant une série d’exercices, permettent de calculer un "facteur d’ajustement". Ce facteur d’ajustement ne correspond pas à une situation de travail et n’est pas un FPA. L’AIHA (American Industrial Hygiene Association) recommande que ce facteur soit au moins dix fois plus élevé que le FPA attendu. Un contrôle au moins annuel doit être réalisé ainsi qu’à l’occasion de toute modification de l’appareil ou de changement de la condition physique du porteur (amaigrissement, cicatrices...). D’après le HSL (Health and Safety Laboratory), les entreprises où un programme de protection respiratoire était mis en place, les FPA étaient supérieurs aux FPA mesurés dans des entreprises ne disposant pas de programme, pour un type d’APR donné. Différents phénomènes peuvent expliquer ce résultat : les pièces faciales sont mieux adaptées à la morphologie, les opérateurs mieux formés, les appareils mieux entretenus, etc.

Il convient toutefois de préciser que la présence d’équipements multiples dans une entreprise augmente le risque d’erreur de gestion et d’utilisation des matériels et consommables par les opérateurs. L’INRS recommande le développement de nouveaux moyens de protection plus performants (à l’instar de la TIVA utilisée en milieu nucléaire qui pourrait être adaptée au contexte des travaux sur matériaux amiantés).